Sortie du 15 octobre 2008 - 13/10/08
Tonnerre sous les tropiques
Un film de Ben Stiller
( note Arte: 3 )
Une comédie justement dérisoire sur la folie des grandeurs du septième art.
(2008, USA, 1h48)
Avec Ben Stiller, Robert Downey Jr, Jack Black, Nick Nolte…
Synopsis : « Tropic Thunder » l’adaptation du roman autobiographique d’un vétéran du Vietnam, est une production lourde tournée entre la Thaïlande et le Laos. Elle réunit trois stars hollywoodiennes communément égocentriques, dont le parcours est toutefois dissemblable : Tugg Speedman (Ben Stiller), Jeff Portnoy (Jack Black) et Kirk Lazarus (Robert Downey Jr). Les retards sur le planning et le surcoût du budget sont imputés au metteur en scène. Acculé à la performance, celui-ci décide de mettre à l’épreuve ses trois divas et les entraîne dans la jungle, sans confort, afin de réaliser « le plus grand film de guerre de tous les temps ». Hélas ! L’équipe se retrouve dans le Triangle d’or, l’un des points névralgiques de la production de drogue, investi par les trafiquants. Fini de jouer la comédie ?
Critique : La satire des milieux du cinéma, genre en direction duquel Hollywood s’aventure avec parcimonie dans la mesure où la plupart des tentatives sont rarement couronnées de succès, est frappée à juste titre par la scoumoune. Généralement fatigant, le résultat oscille entre la mise en abyme lourdement agencée et les private jokes absconses. « Tonnerre sous les tropiques » est une exception à la règle dans la mesure où il privilégie le fun et n’opère qu’un seul parallélisme entre l’énormité de ses nombreux gags et l’ineptie à laquelle s’astreignent les fictions guerrières conçues par les grands studios californiens, à grand renfort de pyrotechnie et de concassage d’engins militaires.
Le trio des comédiens l’emporte donc sur les effets spéciaux, de Ben Stiller qui incarne une sorte de Wesley Snipes blanc, à Jack Black à peine transformé en émule d’Eddie Murphy, en passant par Robert Downey Jr ravi d’interpréter un croisement entre l’infatuation d’Al Pacino et les excès de Russell Crowe. Tous les éléments de la satire sont présents, mais il n’en est pas tant fait étalage au cours de l’équipée grotesque de ces acteurs parachutés dans une vraie zone de conflit. Stiller, dont c’est la troisième réalisation, s’en moque gentiment, sans prétention à éprouver le fantasme du dépassement et de l’expérience limite qui a coûté sa raison à Francis Ford Coppola sur le tournage d’ « Apocalypse Now ». Ben Stiller n’est pas Mauritz Stiller. Pour le cas présent, c’est peut-être tant mieux. « Tonnerre sous les tropiques » aurait pu être plus fou et plus drôle, mais il en dit suffisamment et de manière suffisamment facétieuse sur le sentiment d’imposture et sur l’artifice, sans dévier de son programme comique et sans nous faire trouver le temps long ou la démonstration pénible.
Julien Welter
Edité le : 13-10-08
Dernière mise à jour le : 13-10-08