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Tracks fait le tour des sons et des cultures qui dépassent les bornes, tous les samedis à partir de 23h.

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22/02/11

Tony Conrad

Un reportage de Aldo Lee


Du Velvet Underground à la drone music, le chaman Tony Conrad fait vibrer son instrument ! Master class avec le Jimmy Hendrix du stradivarius.

Quand il n'a que cinq ans, les parents de Tony Conrad lui offrent des cours de violon. De l’argent gâché selon son professeur, qui lui conseille aussi sec de

laisser tomber. Soixante-cinq ans plus tard, Tony n'a pas fini de régler ses comptes avec cet instrument de torture.

Sans lui, la musique n'aurait jamais eu le bourdon, ce son continu et répétitif qui caractérise la drone music. Pionnier du minimalisme, Tony Conrad a donné des ailes à Steve Reich et Philip Glass. En réalisant en 66 "Flicker", uniquement composé d'images blanches ou noires, il invente aussi le film qui rend fou et devient l'un des apôtres du cinéma expérimental.

Au Festival de cinéma et musique underground de Lausanne, Tony monte sur scène avec Keijo Haino, la star nipponne de la musique improvisée.

 


Au début des années soixante, le grand sorcier Tony Conrad avait été emporté par le mouvement fluxus, héritier du dadaïsme. À coup de performances et de concerts surréalistes, les membres de ce collectif veulent abolir la frontière entre l'artiste et son public. Il y rencontre Terry Riley et la Monte Young, eux aussi fascinés par les sons lancinants de la musique indienne. Ils montent ensemble "le théâtre de la musique éternelle", un des groupes fondateurs du minimaliste.
Tony y inaugure sa pratique de la musique drone, qu'il déroule sur des morceaux  qui semblent n'avoir ni début ni fin.
 
En 65, il quitte "le théâtre de la musique éternelle" et se lance dans le cinéma expérimental. Après avoir réalisé "Flicker", il collabore avec son colocataire Jack Smith à plusieurs films classiques du cinéma trash. Patatras : il couche avec l'une des actrices de Jack et se fait virer de l'appartement. Un certain John Cale le recueille chez lui. La vie de Conrad prend un virage plus rock'n'roll.
 
Puis Lou Reed abandonne son propre groupe, "The primitives", pour jouer avec John Cale et Tony Conrad. Dans la chambre de ce dernier, ils trouvent le roman érotique qui va donner son nom à leur nouveau groupe : "The Velvet Underground". Quelques mois plus tard, ils répètent dans la Factory de Warhol qui produit leur premier disque en 66. Ici, dans le morceau "Venus in Furs", c'est Tony qui tient la note au violon.
En intégriste de la musique, Tony quitte le Velvet au bout de quelques mois pour s'immerger définitivement dans le minimalisme.


BONUS VIDEO

Tony Conrad se lâche pour Tracks. Du mouton-chèvre en passant par le brossage de perles, le violoniste du Velvet Underground nous donne une leçon de musique.
 
 
Vidéo : Tony Conrad – Ten Years Alive on the Infinite Plain

 
Vidéo : Tony Conrad & Keiji Haino





 
Site non-officiel : Keiji Haino

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mardi, 16 mars 2010 à 05:00
Pas de rediffusion
(France, 2010, 52mn)
ARTE F

Edité le : 08-03-10
Dernière mise à jour le : 22-02-11