
Livret : Luigi Illica et Giuseppe Giacosa, d’après la pièce de Victorien Sardou
Réalisation : Benoît Jacquot
(Allemagne/France/Royaume-Uni, 2001, 1h56mn, noir et blanc et couleur)
Direction musicale : Antonio Pappano
Avec : Angela Gheorghiu (Tosca), Roberto Alagna (Mario Cavaradossi), Ruggero Raimondi (Scarpia), David Cangelosi (Spoletta), Sorin Colibani (Sciarrone), le chœur et l’orchestre du Royal Opera House Covent Garden de Londres
Coproduction : Axiom Films, Canal+, Euripide Productions, FFA, Filmstiftung Nordrhein-Westfalen, France 3 Cinéma, Integral Film GmbH, Seven Stars System, Tele+, Veradia Film, WDR/ARTE
WDR
À Rome, à l’époque de la conquête napoléonienne, la belle Tosca chante des opéras et aime le peintre Mario Cavadarossi avec une jalousie excessive. Celui-ci n’hésite pas à cacher un ami qui vient de s’échapper des geôles de l’ignoble Scarpia. Ce dernier gouverne la ville en Tartuffe, défendant la cause de la religion tout en employant tous les moyens pour obtenir les faveurs des plus jolies femmes. En poursuivant le prisonnier échappé, il tombe sur Tosca qui cherche son amant, car elle le soupçonne de la tromper. Scarpia se sert de sa jalousie pour accomplir ses desseins…
Tosca de rêve
C’est la Tosca rêvée. D’abord parce que les interprètes sont sublimes : Angela Gheorghiu est saisissante, Roberto Alagna fougueux comme jamais et Ruggero Raimondi d’une noirceur tout à fait convaincante. Ensuite parce que la mise en image conçue par Benoît Jacquot est très originale. Son film est une œuvre unique, quelque part entre le documentaire, l’opéra filmé et la fiction. La première étape de ce projet a été l’enregistrement de la partie musicale dans les studios d’EMI à Londres. À cette occasion, Benoît Jacquot a filmé (en noir et blanc) l’orchestre et les chanteurs. Puis les lieux de l’action ont été reconstitués dans les studios MMC à Cologne-Ossendorf. Dans ces décors, le cinéaste a filmé (en couleur) les chanteurs en train de jouer – et de chanter, pour éviter l’effet “play-back”. Le film est construit sur l’alternance entre scènes en costumes et séquences avec l’orchestre en studio. Parallèlement, Benoît Jacquot s’est amusé avec la bande son : par moments, il introduit du son direct, puis revient délicatement au chant ou encore demande aux chanteurs de se taire. Par exemple, Roberto Alagna peut chanter sur la BO tandis qu’à l’écran il soupire, embrasse, parle… Ce dispositif surprenant met particulièrement en valeur la très belle performance d’acteurs livrée par les chanteurs. Enfin, la direction du chef d’orchestre Antonio Pappano, vive et flamboyante, achève de faire de ce film-opéra un spectacle magnifique.






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