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Actualité Cinéma

Pour ceux qui aiment les macarons… (ou les costumes ou Michelle Pfeiffer)

Actualité Cinéma

Sortie du 24 décembre 2008 - 23/12/08

Louise Michel

Un film de Gustave Kervern et Benoît Delépine


( note Arte: 4 ) Genre sinistré, la satire sociale retrouve son mordant et même un sens esthétique.

  • Interview de Gustave Kervern et Benoît Delépine à propos de "Louise Michel"
  • Interview de Gustave Kervern et Benoît Delépine à propos de "Louise Michel"

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(2008, France, 1h34)
Avec Yolande Moreau, Bouli Lanners, Matthieu Kassovitz…

Interview :
G. Kervern & B. Delépine partie 1
G. Kervern & B. Delépine partie 2
Interview menée par Julien Welter
Image : Thomas Schwoerer

Synopsis : Louise (Yolande Moreau) est employée dans une usine de textiles de la région de Picardie, dont le patron vide les locaux en une nuit, pour la délocaliser. Les manutentionnaires l’apprendront le lendemain, au moment de regagner leur poste, vêtues de leur nouvelle blouse offerte la veille par le dirigeant ! Michel (Bouli Lanners) est le plus improbable des tueurs à gages que vient trouver Louise, afin qu’il accepte un contrat rétribué avec la prime de licenciement des ouvrières bafouées : « buter le patron voyou » ! Voilà le tandem engagé dans une équipée improbable, des arrière-cours picardes jusqu’à l’île de Jersey en passant par la Belgique.

Critique : Le troisième long métrage des grolandais Benoît Delépine et Gustave Kervern n’a qu’une parenté lointaine avec Louise Michel, la « Vierge rouge » anarchiste et pasionaria blanquiste de la Commune en 1871. Bien qu’inspiré d’un fait de société récurrent, la délocalisation sauvage des usines, il ne s’inscrit d’ailleurs pas dans le courant du cinéma qui prend pour sujets des problèmes d’ordre politico-économique. Il propose même une alternative à ce dernier, dont les films sont pour la plupart formellement indigents ou carrément dépassés, de simples illustrations militantes d’une vérité préconçue. Hors, la seule vérité d’importance est celle qu'on ignore et qu’on doit découvrir avec le film. Coutumiers de la surprise, les espiègles Benoît Delépine et Gustave Kervern ont donc échafaudé à nouveau un récit prompt à garder toujours une longueur d’avance sur le spectateur, auquel les informations sont distillées au compte-goutte. Le procédé ne concourt pas à célébrer l'omniscience des auteurs, mais à décupler le plaisir et l’attention de celui qui découvre l’aventure de ces pieds nickelés picards et en mesure l’incongruité et l'irrévérence réjouissantes au fur et à mesure.

Quant à l’esthétique, ces plans moyens et ces plans d’ensemble qui inscrivent les personnages dans le décor de leur vie quotidienne et qui sont la source de gags sans cesse renouvelés, elle peut devenir à son tour un moyen de combat politique. D’une part, lorsque se révèle, comme ici, sans condescendance ou démagogie, la beauté de l’espace, qui est celui d’une poignée de gens littéralement vissés dans le décor provincial. D’autre part, quand la lenteur du rythme célèbre l’embardée vengeresse et chimérique d’un duo parti en camionnette à la poursuite d’un patron parti quant à lui dans son jet privé. Bien sûr, on ne pourrait retenir que le divertissement, son insolence et son inventivité hilare, typique de l’univers grolandais. Mais qu’une comédie française ait de l’allure tout en revendiquant son univers rapiécé et son caractère artisanal, le tout sans obscénité ni populisme, révèle suffisamment de l’exception pour insister sur sa tenue formelle.

Julien Welter
Louise Michel
Un film de Gustave Kervern et Benoît Delépine
(2008, France, 1h34)
Avec Yolande Moreau, Bouli Lanners, Matthieu Kassovitz…

Edité le : 10-12-08
Dernière mise à jour le : 23-12-08