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Finlande - 21/12/09

Tout est prêt... ou presque : la Finlande et le projet Nord Stream


Émissions par unité de PIB: 0,3 kg/2005 PPP $

Émissions par habitant : 10,1 tonnes métriques

Croissance des émissions : 5,1% (1990-2005)

Pour le gouvernement finlandais, la construction du gazoduc de l´entreprise russo-allemande Nord Stream relève de l´ordre environnemental. Pourtant certains spécialistes estiment que le gazoduc changerait la configuration sécuritaire de la mer Baltique et que le gouvernement devrait se pencher sur cette question avant d'autoriser définitivement   la mise en œuvre du projet.

 

Pour que le projet Nord Stream puisse démarrer, il faut l´accord de tous les pays dont les eaux territoriales et les zones économiques sont susceptibles d´être touchées par le projet. Le Danemark a déjà donné son aval, maintenant c´est au tour de la Finlande. Le projet est bel et bien en route : l´entreprise Nord Stream a assuré que les pêcheurs finlandais obtiendront des indemnités financières quant à leurs pertes éventuelles pendant  la construction du gazoduc. Le comité environnemental de la Finlande de l´ouest a donné son feu vert au déminage sur le golfe de Finlande, celui-ci ayant été considéré comme une mesure d’intérêt général. La destruction des mines et d'autres débris militaires issus de la Deuxième Guerre mondiale est d´ailleurs une pratique généralisée par d´autres pays côtiers de la Baltique.

 

Les yeux sont maintenant tournés vers le Parlement finlandais. La plupart de ses membres sont de l’avis que le projet permet un rapprochement entre la Russie et l´Union européenne (UE) et fournira du carburant plus écologique aux zones charbonnières. La construction du gazoduc n´augmenterait que légèrement les émissions de CO2 dans la zone baltique, enjeu important pour la Finlande qui s´est fixée comme objectif une réduction de 16% des émissions d´ici 2020 . Le respect de l´environnement marin, particulièrement fragile dans la mer Baltique, est également une condition d´ordre majeur afin que le projet puisse aboutir.

 

Enfin, le débat s´est élargi au rôle de la Russie dans la protection environnementale de la mer Baltique. Il s´agit notamment de savoir si, à travers son implication dans Nord Stream, la Russie ne pourrait pas être poussée à participer plus amplement au  traité sur le contrôle environnemental des activités dans la Baltique  ainsi qu´à l´assainissement des eaux autour de la région de Kaliningrad, une zone industrialisée suscitant l´inquiétude chez plusieurs pays riverains de la Baltique.

 

Cependant, pour certains, un débat centré uniquement sur l´environnement ne suffit pas. Alpo Juntunen, spécialiste de l´École de défense nationale, souligne que le gazoduc ajoute un élément de politique sécuritaire dans la zone baltique et incite le gouvernement finlandais à prendre en considération le volet géopolitique du projet : celui-ci entraînerait une présence accrue de la flotte militaire russe sur la Baltique. Fait qui n´est pas sans conséquences pour une zone abritant des pays de l´OTAN (comme les trois pays baltes) mais également des pays militairement non-alignés (Finlande, Suède).

 

Roosa Paakkola






POUR ALLER PLUS LOIN

Sur le gazoduc Nord Stream, une source en anglais.

Une vision critique du projet Nord Stream : le documentaire Buried at Sea de Grigory Pasko (2008) en anglais.

La position officielle finlandaise sur la Finlande et la coopération entre les pays riverains de la Baltique, en français.

Quelques données sur les émissions nationales de CO2 : Little Green Data Book, World Bank, 2009.

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Regards croisés n° 14
Énergie : politique, lobbies et environnement
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Edité le : 11-12-09
Dernière mise à jour le : 21-12-09


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