Il y a trois ans, Gabriel Roth du label Daptone Records pousse la porte d'un club de Brooklyn et tombe en arrêt devant un certain Black Velvet imitateur de James Brown à la voix d'or.
Fasciné, il propose au chanteur de son vrai nom Charles Bradley de sortir ses propres compositions sur son label, celui de Sharon Jones.
À soixante-deux ans, Bradley signe son premier disque.
Et à voir son Psychovinyle, où il choisit trois disques qui racontent trois moments de sa vie, ça tient du miracle.
Charles Bradley : Celui-là, je l'ai déjà entendu… Ces deux-là en fait. Faut simplement que je le réécoute pour que tout revienne. Mon cerveau s'est barré en enfer avant de se décider à revenir. C'est marrant, ça ressemble vraiment à mon nouveau single "Loving you baby". C'est vraiment ce à quoi l'amour devrait ressembler. Sans quoi, je préfère être seul.
Will You Still Love Me Tomorrow - Roberta Flack by tracks_arte
Charles Bradley : Quand ce morceau est sorti, je vivais dans la rue… je passais mon temps à aller d'un endroit à l'autre. J'étais jeune, toujours à faire des conneries… Piquer des fruits sur les étalages… Et puis je cherchais l'amour. C'est de là que je viens.
J'ai eu deux frères qui sont partis au Vietnam. Un s'est fait descendre, il s'appelait Joseph, il était sur la ligne de front. Et après ça, l'armée m'a convoqué avec mon frère Willy. Ils nous voulaient aussi au Vietnam. Willy a demandé à rester six mois de plus au combat pour m'éviter d'y aller. Il disait : "le laissé pas aller au front, il va se faire flinguer." Il était paniqué. Willy a survécu. En bon soldat, il s'est battu pour son pays. Puis, il est rentré aux États-Unis, il s'est fait buter… Qu'est ce que tu veux que je dise à ça ?







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