Depuis
Three Bewildered People in the Night, son premier film tourné en 87, Gregg Araki fait une fixette
sur la sexualité des teenagers américains sur fond de gore et de SF.
Kaboom, son dernier long-métrage présenté hors compétition à Cannes, n'échappe pas à la règle.
Et visiblement la recette marche puisqu'il a remporté cette année la première
Queer Palm du festival de Cannes.
Gregg Araki : Pour moi, le plus important ce n'est pas l'acte sexuel ou le fait de baiser. Dans ces moments-là, le plus important c'est la relation entre les personnages. C'est pas vraiment l'aspect esthétique du sexe qui m'intéresse. Mais je pense qu'on apprend beaucoup sur les personnages et sur leur manière d'interagir dans ces moments de réelle intimité. C'est comme si on était vraiment capable de voir les gens quand ils sont dans cet état de nudité émotionnelle et physique. C'est une des raisons pour lesquelles mes films parlent autant de sexualité et de sexe. Le héros de Kaboom est un glandeur gay qui fantasme sur son colocataire, jusqu'au jour où il devient hétéro en mangeant un space cake...
Comme dans
Smiley Face tourné 3 ans plus tôt, Gregg nous refait le coup du "gâteau piégé», mais cette fois-ci il ajoute à sa recette les ingrédients les plus troubles de l'univers halluciné de Twin Peaks.
En 10 longs-métrages, Araki s'est imposé comme le fils illégitime de David Lynch et de John Waters.
Mais l'une des marques de fabrique de ses films, c'est le casting de bombes.
Kaboom n'y coupe pas, avec l'Américaine Haley Bennet, la française Roxanne Mesquida ou le beau gosse Thomas Dekker.
L'acteur s'est fait les dents dès 6 ans dans le
Village des Damnés de John Carpenter. Rôle principal dans la série télé de Terminator, il essuie les plâtres dans le soap opéra les
Feux de l'Amour.
Une référence pour Gregg Araki, grand consommateur de culture pop et accro au Bad Taste.
Thomas Dekker : Gregg m'a dit que la raison pour laquelle j'ai eu le rôle - j'ai auditionné sur la scène de masturbation du début du film - c'est que j'ai été le seul à enlever mon tee-shirt, mettre la main dans mon pantalon et y aller franchement. Apparemment, c'est ce qui les a décidés.