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Tracks fait le tour des sons et des cultures qui dépassent les bornes, tous les samedis à partir de 23h.

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08/02/11

Tracks - Sono Sion - Du voyeurisme considéré comme un des Beaux-Arts

Un reportage de Yves Montmayeur

Réalisateur du sanglant Suicide Club, Sono Sion nous parle de son tout aussi tordu Love Exposure, qui met en scène une espèce d'art « martialo-pictural » : le tôsatsu, sorte de kung fu de la petite culotte. Ce dernier consistant à photographier à l'arrachée et par tous les moyens l'entrecuisse des filles dans la rue, sans leur demander leur avis, bien entendu.


« Un ami m’a expliqué le côté extraordinaire de l’entrecuisse des filles. Au départ, c’est lui qui faisait ces photos à l’arrachée. Alors je m'y suis mis à mon tour, et ça m'a valu plusieurs arrestations.
Pour le principe j’ai dû écrire une lettre d’excuses à la police disant : "Je n’en peux plus tellement j’aime les entrejambes. Je ne peux pas m’empêcher de faire ça." C'est cette histoire qu'on retrouve en filigrane dans mon film. »



Contestaire avant tout, Sono Sion n'aime pas qu'on lui impose des règles et s'intéresse seulement aux pratiques marginales.
Avant de signer son fameux Suicide Club en 2002 qui surfait sur une vague bien réelle de suicides d'adolescents au Japon, Sono Sion a pratiqué la transgression avec une grande assiduité : Il a adhéré à des sectes, réalisé un film porno gay, s'est marié avec une femme qu'il ne connaissait pas...

Il a aussi été l'instigateur d 'un collectif nommé Tokyo Gagaga qui organisait des commandos-performances à caractère libertaire et grivois dans les rues de Tokyo. Il s'agissait d'écrire des poèmes sur des drapeaux puis de parader avec en criant « Gagaga ! », sorte de cri du coeur sans réelle signification rappelant vaguement la recherche phonétique lettriste.

« Enfant, je suis allé à l'école tout nu. Mais j’ai aussi fait pipi sur des filles. J’étais un gamin libéré. Mon instituteur s’inquiétait beaucoup. Il pensait que je deviendrais délinquant. Alors, quand je suis devenu réalisateur, comme au Japon il y a beaucoup de règles au cinéma, j’ai eu envie de faire et de continuer à faire tout ce qu’il ne faut pas faire. C'était comme quand on m’a dit de ne pas venir à poil en classe et que je me suis dit "Ben, je vais essayer, alors.»

Son prochain film, Lord of Chaos, qui sortira l'année prochaine, traite de la scène black metal norvégienne dans les années 90. Le héros (un musicien brûleur d'églises, pur et meurtrier) est inspiré de l'ex taulard Varg Vikernes ( de Burzum – dont on vous conseille très vivement le dernier album, Belus ). Il devrait être interprété par Jackson Rathbone, un des héros de Twilight, le nouveau succès planétaire des ados.
Tout un programme!
Patience, patience..


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mardi, 13 avril 2010 à 05:00
Pas de rediffusion
(France, 2010, 52mn)
ARTE F

Edité le : 25-03-10
Dernière mise à jour le : 08-02-11