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ARTE Reportage

Le magazine d'actualité internationale. Tous les samedis à 18h50. Présenté en alternance par William Irigoyen et Andrea Fies

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Le magazine d'actualité internationale. Tous les samedis à 18h50. Présenté en alternance par William Irigoyen et Andrea Fies

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ARTE Reportage - Mercredi 10 mai 2006 - 11/05/06

Transcription

100 jours après son investiture, le gouvernement d’Evo Morales a nationalisé les importantes réserves de gaz de Bolivie, les deuxièmes du continent. Prochain grand rendez vous « révolutionnaire » : une assemblée constituante a été convoquée pour le mois d’août.
Reconnaître l’identité indigène du pays en est le principal enjeu. Drapeau, hymne, et jusqu’au nom même de la Bolivie pourrait changer.


Bolivie : coca légale
>> Vidéo (22’)
De David Gormezano et Pascal Carcanade – ARTE GEIE – France 2006



Dans l’immédiat, Evo Morales gère un autre dossier sensible : le thème de la coca. Les Etats Unis et la communauté internationale suivent ce dossier avec inquiétude.
Evo Morales s’est toujours opposé à la politique « zéro coca » prônée et financée par les Etats Unis depuis 1985. Président de la fédération des producteurs de coca (titre qu’il conserve) il s’est physiquement opposé aux opérations d’éradication.
Dans sa région du Chapare, là où a commencé son ascension politique, le slogan le plus populaire était alors : « A mort les yankees, vive la coca ». Pendant la campagne électorale, il avait déclaré, qu’en cas d’élection, il serait « le pire cauchemar des Etats Unis ».

Ce que souhaite le gouvernement bolivien, c’est une reconnaissance internationale de la coca, en faire un symbole du pays, et en finir avec sa criminalisation (la cocaïne n’est pas le problème des Boliviens). Conséquence de cette politique, la production de coca, matière première de la cocaïne, est-t-elle en train d’exploser?

Le 22 janvier 2006, Evo Morales Ayma, 46 ans, devenait le premier président indigène de Bolivie. Indien Aymara, syndicaliste et cultivateur de coca, cet homme charismatique ressemble à son pays. L’un des slogans de sa campagne, « la coca n’est pas la cocaïne » est allé droit au cœur des Boliviens. Cultivée par les prêtres Incas pour ses qualités médicinales et nutritives, la coca est une plante sacrée qui fait partie du quotidien des Boliviens. La coca est cultivée avec soin, suivant des techniques vieilles de 4 000 ans. Elle est destinée à la consommation traditionnelle. La coca recouvre les pentes escarpées des contreforts des Andes depuis des millénaires, mais pour le monde occidental, la coca n’est rien d’autre que la matière première de la cocaïne.
Evo Morales et ses compatriotes veulent faire comprendre au monde que la coca n’est pas une drogue, mais un symbole de la culture andine. La volonté d’éradiquer cette plante est vécue comme une ingérence étrangère, une injustice et une marque de mépris.

Un Cocalero: "Beaucoup de gens pensent que la coca, c’est de la drogue. Mais ce n’est pas de la drogue. Nous autres, nous prenons de la coca , nous la mâchons. Depuis que je suis né, je vois de plus en plus de gens mâcher, des messieurs de la ville comme des gens de la campagne. C’est comme un médicament, ça calme les douleurs d’estomac. Une infusion de coca bien chaude, ça fait du bien. Ça ne peut pas faire de mal, d’ailleurs vous devriez essayer si vous avez 5 minutes, je vous invite à venir mâcher avec nous".

En Bolivie, mâcher des feuilles de coca ne veut pas dire que l’on est un drogué ou un narco trafiquant. L’acullico, la mastication traditionelle, est un compagnon du quotidien comme peut l’être le café en Europe: "C’est comme une vitamine, ça te donne de l’énergie. C’est la même chose que la vitamine en sirop que tu trouves dans les pharmacies. Avec l’énergie de la coca, on peut travailler toute la journée, même sans manger. C’est pour ça que, quand on fait la pause, on mâche bien pendant 30 ou 40 minutes. Avec la coca, tu ne sens pas la fatigue.
Mon grand père cultivait de la coca, comme mon père, comme mon arrière grand père, et moi aussi j’en cultive, avec mes enfants. Pour nous la coca est une plante sacrée, on pourrait donner notre vie pour la coca. Imagine qu’on nous enlève la coca, qu’on nous empêche de la cultiver, avec quoi est ce que nous allons vivre?"

Avec 4 récoltes par an, la coca est un or vert. Certes son usage est ancestral, mais c’est aussi une culture très rentable. Une parcelle d’à peine 50 mètres par 50 mètres rapporte à son propriétaire au moins 100 $ par mois. Réduire les surfaces cultivées, c’est diminuer le revenu des paysans. Mais les cocaleros ne veulent plus se plier aux injonctions de l’étranger. Depuis 2002, la production a augmenté de 30%. Et la victoire d’Evo Morales, résonne comme la promesse d’une légalisation totale de la culture de la coca.

Un Cocalero: "Petit à petit nous étendons les cultures. Ici tu vois, on est en train de planter. Dans la région de Cochabamba, du Chapare ou de Caranavi, ce sont des hectares entiers qui sont mis en culture. Nous, en un an, on s’est à peine étendu d’1 hectare. Nous allons lentement".

C’est ici, au marché de Villa Fatima que converge la production des 12 000 hectares de coca légale cultivée en Bolivie.
Les paysans viennent vendre leur récolte. Des courtiers fixent les prix en fonction de la qualité, de l’offre et de la demande. Les paquets de 25 kg partent aux 4 coins du pays. La distribution est une activité sévèrement contrôlée, il ne faut surtout pas que la feuille sacrée tombe entre de mauvaises mains.
Un responsable départemental cocaléro : "Un acheteur ou un négociant qui souhaite acheter et emmener de la coca de ce marché, doit avoir une licence pour pouvoir la transporter vers les différents marchés du pays. Vous, comme vous n’avez pas de licence, vous ne pouvez pas en acheter. Nous, les syndicats de producteurs des Yungas, c’est nous qui contrôlons la production. Et nous le faisons presque mieux que le gouvernement, la police et même que les Etats-Unis".

Dans la région du Chapare, à 500 km de La Paz, 10 000 hectares de terres sont recouverts de cultures illégales. Car la coca ne se réduit pas à un circuit officiel. Ici, dans les années 70, des dizaines de milliers d’ex-mineurs et de paysans ont introduit la coca. Le gouvernement avait offert des terres à qui voulait les cultiver. Dans le Chapare, qui n’était pas une zone de culture traditionnelle, la coca s’est mise à pousser à l’ombre des bananiers. Dans les années 80, la région va devenir l’épicentre du trafic de drogue en Bolivie. Et le théâtre d’un affrontement sanglant entre l’armée bolivienne et les paysans.
Un dirigeant cocalero: "Il y a eu jusqu’à 15 000 militaires par ici. On s’est battus, il y a eu des blessés, des morts, aujourd’hui il y a des orphelins …. Ça n’a pas été facile de défendre le droit de cultiver. On ne nous l’a pas donné, nous l’avons obtenu au prix de nos vies".

En 2004, pour rétablir la paix civile dans le Chapare, gouvernement et cocaleros ont signé un accord. Désormais, chaque famille affiliée à un syndicat paysan a le droit de cultiver un cato de coca, soit 1600 m2, ce qui génère à peu près 100$ de revenus mensuels. Une mesure d’apaisement, mais qui a provoqué une nouvelle hausse de la production.

Le dirigeant cocalero: "Ici, à la campagne, tout le monde mâche, même les enfants, c’est pour ça que nous défendons le cato de coca. Pas pour le narcotrafic, avant il y avait beaucoup de coca qui partait au narcotrafic, mais maintenant c’est terminé ça".
Et pourtant, ce n’est un secret pour personne, 80% de cette coca sert à la fabrication de cocaïne. Depuis 20 ans, les Etats-Unis sont militairement présents dans le Chapare. Ce sont eux qui équipent et entraînent les unités des forces spéciales anti-drogues de la police bolivienne. Chaque jour, des patrouilles parcourent les sentiers dans les profondeurs de la forêt tropicale. En Amérique Latine, depuis le milieu des années 80, le Chapare est un des principaux carrefour internationaux du trafic de cocaïne. Ces policiers s’appellent les « Léopards », et aujourd’hui leur mission les amène jusqu’à cette ferme isolée. Le propriétaire produit des ananas, mais aussi de la coca. Sa dernière récolte est en train de sécher au soleil.
ARTE : A qui vous vendez la coca ?
Cocalero : Au marché du village a côté.
ARTE : Juste au marché ?
Cocalero : Oui. A qui d’autres voulez vous que je la vende ?
ARTE : Il n’y a pas de trafiquants qui vous en achètent ?
Cocalero : Non, non, on ne la vend pas à eux, nous on la vend au marché. Bon ca suffit avec les questions.

L’homme est gêné, et pour cause.
Les policiers poursuivent leur chemin, et à seulement une dizaine de minutes de sa ferme, il vont trouver ce qu’ils cherchent : un laboratoire clandestin de fabrication de pâte-base de cocaïne, deux mélangeurs rudimentaires, environ 2kg et demi de carbonate de soude…
Un policier: Nous avons découvert cette fabrique de cocaïne ce matin, elle est située à 90 km de notre base. Ça c’est une fosse de macération. Elle mesure un peu près 10 mètres sur 1 mètre 50. Là c’est le bassin ou l’on trouve le jus de coca. C’est là que travail le chimiste. Les trafiquants travaillent jour et nuit. Pendant la nuit, ils font macérer 200kg de feuille de coca, dont ils arrivent à extraire 1kg 200 de cocaïne par jour.

Au vu du tas de feuilles de coca découvert, les policiers anti-narco estiment que cette fabrique tourne depuis environ deux mois. Elle a donc pu fabriquer près de 70 kg de cocaïne pure.
Chaque semaine, ces patrouilles détruisent une quinzaine de laboratoires clandestins. Mais la tâche est immense. 65 tonnes de cocaïne sortent chaque année de l’épaisse forêt primaire du Chapare, ce qui fait de la Bolivie le 3ème producteur mondial de cette drogue.

Sur la base de Chimore, une autre patrouille des forces spéciales de lutte contre le narco trafic a arrêté deux hommes en flagrant délit et a saisi près de deux kilos de pâte base de cocaïne.
La procureur : Vous avez des avocats ?
Narcos : Non.
La procureur : Bon, on va en désigner d’office. On va prendre vos déclarations et puis l’officier fera un test en votre présence pour savoir exactement de quel produit il s’agit.

Les deux hommes sont visiblement des paysans bien ordinaires. La procureur leur explique qu’ils seront jugés et qu’ils risquent une peine allant de 8 à 15 ans d’enfermement.
Le procureur : "Jusqu’à présent, la Bolivie était considérée comme un pays producteur de cocaïne. Mais aujourd’hui, la jeunesse, dans les lycées et ailleurs, est victime de cette substance interdite. Selon les statistiques, cette consommation augmente".

A La Paz, le palais présidentiel est désormais occupé par le leader des paysans cocaléros du Chapare. Face à lui des émissaires du gouvernement américain sont venu rappeler à celui qu’ils qualifiaient un temps de narcotrafiquant, que la cocaïne n’est pas qu ‘un problème de gringos.
En espagnol, et sans détour, les envoyés de Washington s’inquiètent d’une explosion de la production sous sa présidence.
Anne Patterson, sous secrétaire d’Etat US au narcotrafic international:
"Nous sommes très préoccupés par l’augmentation de la production de coca. Parce que la coca excédentaire va directement à la production de cocaïne. D’après notre expérience, le narcotrafic peut très rapidement saper les institutions démocratiques d’un pays, et cela avant même qu’il ne s’en rende compte. Nous avons donc peur pour la Bolivie, les familles de Bolivie, et les voisins de la Bolivie. Car nous constatons que les marchés d’Argentine et d’Europe reçoivent beaucoup plus de cocaïne de Bolivie qu’auparavant".

Après avoir dépensé des milliards de dollars pour éradiquer la culture de la coca en Bolivie, l’élection d’Evo Morales sonne comme une défaite pour Washington. Aux yeux du nouveau président, cultiver la coca est un droit, que cela plaise ou non au grand voisin du Nord. Evo Morales ne veut pas pour autant que la Bolivie soit accusée d’être un Etat voyou. L’éradication des surfaces excédentaires de coca par l’armée se poursuit. Mais elle s’est largement ralentie ces derniers mois. D’après les relevés des satellites d’observation américains, elle serait passée de 670 hectares par mois à seulement 150 hectares. Depuis 3 mois, les militaires boliviens ont la consigne de rechercher un consensus avec les cocaleros. Il s’agit désormais d’une éradication volontaire selon les termes des planteurs de coca eux-mêmes.

Un cocalero: "Avant l’arrivée au pouvoir du président Evo Morales, il y avait des violations des droits de l’homme de la part des militaires. Mais maintenant, le président a donné l’ordre à l’armée de se concerter avec nous les paysans. Aujourd’hui nous éradiquons ce qui est en trop, et nous, les 6 fédérations de planteurs de coca nous sommes d’accord pour que cela se passe ainsi".

Les soldats détruisent la coca en arrachant puis en coupant les racines des arbustes. Le tout sous les yeux des paysans qui, désormais, surveillent les militaires avec qui ils ont passé un accord. C’est là le grand changement en matière de politique de la coca depuis l’arrivée au pouvoir d’Evo Morales. Chaque adhérent au syndicat a le droit d’avoir sa parcelle. Celle-ci est mesurée et répertoriée par GPS. Les fédérations de cocaleros ont promis de faire la police et de sanctionner ceux qui ne respectent pas les nouvelles règles.
Evo Morales appelle cela le "contrôle social de la coca". Un exercice difficile : il faut à la fois empêcher une explosion des cultures de coca sans pour autant se couper de sa base.
A Cochabamba, la troisième ville du pays, cette nouvelle politique de la coca revêt un autre aspect. Les boutiques de médecines naturelles sont remplies de produits à base de coca. La Bolivie voudrait développer de petites industries de transformation de la coca. Melvi Paz fait partie d’une poignée d’entrepreneurs qui tente de la commercialiser sous toutes ses formes.
Une vendeuse : Tu sais il me manque du sirop de coca.
Melvi : D’accord, je vais t’en envoyer très vite. Et je vois que tu n’as plus de vin de coca, ni d’extrait…
La vendeuse : Oui, les clients me demandent beaucoup d’extrait de coca.
Melvi : Ah génial, et à part ça, comment ça va avec la coca ?
La vendeuse : En moment je la prescris a beaucoup de clients et j’ai de très bon résultats.

Ici la coca est un produit miracle. Des masques de beauté à la coca aux bains de vapeur à la coca, une certaine clientèle attribue à la feuille millénaire des pouvoirs étendus.

Melvi: "Je crois que c’est une très bonne chose pour notre pays que tous les Boliviens commencent à faire usage de la coca. La canne à sucre ou le raisin ne servent pas qu’à fabriquer de l’alcool. La coca c’est pareil. C’est une plante qui a des qualités nutritionnelles et médicinales".

Présenter la coca sous un jour nouveau va révolutionner l’image de la Bolivie. Pour Melvi Paz, il est urgent de faire sortir la coca du ghetto des médecines alternatives et d’élargir sa consommation. Pour passer à la vitesse supérieure, elle s’est associée à ce petit laboratoire pharmaceutique pour produire des gélules de coca commercialisables.

Melvi: "L’idée de cette alliance stratégique, c’est de faire de nos produits autre chose qu’un artisanat que l’on peut trouver dans des centres de médecine naturelle. Ce que nous voulons c’est que les gens, quand ils le souhaitent, puissent facilement trouver dans leur pharmacie un médicament qui n’est autre que de la coca".

Populariser des produits alimentaires ou pharmaceutiques à base de coca est à la portée de Melvi et de ses associés. Mais il y a un obstacle: le manque d’études scientifiques solides et modernes de la feuille.
Un scientifique: "Il existe des études scientifiques mais qui date d’il y a bien longtemps, des années 30 quelque chose comme ça. Aujourd’hui elles ne servent à rien vu la technologie dont nous disposons maintenant".

Dans l’immédiat seul un produit serait capable de créer un début de projet industriel: les infusions de coca. Très répandues en Bolivie, certains, comme Adolfo, rêvent de faire de cette boisson un produit exotique et branché:
"Sur les marchés internationaux il y a une demande très forte pour les infusions de coca. Moi quand je vais dans des salons à l’étranger pour présenter mes produits, la première chose qu’on me demande ce sont des infusions de coca. Et je dois répondre, que oui, j’en fabrique, mais que je ne peux pas en exporter. Parce qu’il existe des conventions internationales qui interdisent l’exportation de la coca".

Depuis 1961 la feuille de coca est classée dans la catégorie des stupéfiants. Et pourtant, les Boliviens comme les touristes apprécient les infusions de coca, un remède efficace contre le mal d’altitude ou les problèmes digestifs.

Adolfo: "Nous espérons que ce gouvernement pourra faire quelque chose, notamment avec l’Union Européenne, pour lever ces barrières et que nous puissions enfin exporter nos infusions de coca. Ce sera bon pour les Boliviens, mais aussi pour vous les Européens, parce que c’est vraiment un bon produit".

Le gouvernement d’Evo Morales ne semble pas encore avoir de stratégie cohérente pour sortir la coca de ce statut de paria. Le nouveau ministre de la coca doit lancer une campagne internationale pour lever l’interdiction d’exporter la feuille de coca. Felix Barra doit aussi produire une étude sérieuse pour espérer faire changer d’avis le gratin de la diplomatie mondiale: "Nous tenons à remercier l’Union Européenne qui nous finance à hauteur de 200 000 dollars pour réaliser une étude qui nous permettra de savoir si nous avons besoin de plus ou de moins de coca. Nous sommes conscients que la Bolivie doit faire attention aux volumes de coca qu’elle produit".
ARTE : "Vous avez déjà commencé à réaliser cette étude ?"
Felix Barra: "Non, nous élaborons les points de référence, et nous pensons que nous arriverons à commencer cette étude d’ici deux mois".

Si le gouvernement ne semble pas pressé de réaliser cette étude, c’est qu’elle conduirait certainement à la destruction des 2/3 des plantations de coca du pays.

Autre mauvaise nouvelle, les Etats Unis ont catégoriquement rejeté l’idée de dépénaliser la feuille sacrée des Andes.

Dans ce bar de La Paz, fréquenté par la classe moyenne, la musique est « nationale » et les feuilles de coca sont partout sur les tables. Depuis quelques années, la feuille de coca est devenu un emblème et une fierté pour tous les Boliviens. Personne ne veut plus entendre parler d’éradication, une idée et un terme venus de Washington.
Les clients du bar :
"La coca c’est bien plus qu’un médicament. C’est quelque chose de sacré que nous a offert la pachamama, la terre mère, et nous devons la remercier pour cela".
"Mes ancêtres étaient mineurs et paysans, il faisaient un travail dur, très dur, et ils le supportaient grâce à la coca. La coca possède une force millénaire".
"Nous consommons de la coca, pour diminuer les effets de l’alcool, mais aussi parce que ça nous plaît.Pour certains, c’est par habitude, pour d’autres c’est de la curiosité. Mais surtout, c’est quelque chose qui fait partie de nous".
"La coca c’est la Bolivie, nom de dieu. C’est la Bolivie".

A 3 500 m au dessus du niveau de la mer, quelques feuilles dans un coin de la bouche, personne ne semble se soucier du lien entre coca et cocaïne ou des effets possible d’une surproduction de coca sur la santé du pays.

A cette altitude, l’élection d’un président défenseur de la coca, grand pourfendeur des Américains fait vibrer la fibre patriotique.

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Tous les mercredis vers 21h35
Rediffusion le samedi à 9h00

Edité le : 11-05-06
Dernière mise à jour le : 11-05-06


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