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Voir un extrait du reportage
(uniquement en version allemande)
C’est le „Mondiali Antirazzisti“ ! Pour cette huitième édition de la coupe du monde antiraciste, les adversaires de la xénophobie ont fait le pèlerinage de Montecchio, dans le nord de l’Italie. 168 groupes originaires de seize pays réunis sur un terrain. L’institut d’histoire „Estereico“ et le groupe de soutien „Progetto Ultra“ sont les organisateurs de ce tournoi multi-culturel.
Matthias Durchfeld : Pendant la coupe d’Europe, on a eu l’idée d’organiser une coupe du monde antiraciste. On a commencé tout petit, dans un autre endroit, un endroit symbolique puisque la première république d’Italie, une république de partisans, y avait vu le jour pendant la deuxième guerre mondiale. Le lieu avait donc valeur de modèle pour une sorte d’atelier de la démocratie. On avait choisi cet endroit à l’époque…
Mais rapidement, le site devient trop petit et l’événement est déplacé à Montecchio. Ce rassemblement pour plus de solidarité qui, au tout début, comptait huit équipes et 80 participants, attire aujourd’hui quelques 5000 footballeurs en Italie. Le tournoi est gratuit, tout comme le camping et les activités de loisirs. Les frais sont couverts par les bénéfices de la restauration et des subventions publiques. Mais cette grande fête populaire n’existerait pas sans les contacts européens entre groupes de soutien et l’aide financière du réseau internet FARE – „Football against racism in Europe“.
Le foot, un sport populaire, au service de la lutte contre le racisme. Un tournoi qui se veut avant tout un lieu d’échanges d’expériences, avec, par exemple, des débats animés par d’anciens partisans, engagés dans la résistance contre le fascisme pendant la deuxième guerre mondiale en Italie.
Matthias Durchfeld : Dernière nous se trouve la place anti-raciste, un chapiteau thématique où ont lieu des expositions. Les équipes apportent elles-mêmes les choses à exposer. Il s’agit toujours d’impliquer les gens. Ce n’est pas un événement qu’on consomme. Nous sommes non seulement opposés à la consommation et la commercialisation passive du sport et de la culture de loisirs, mais nous voulons aussi que notre événement soit synonyme de participation active.
Au journal télévisé, les victimes de violences font l’objet d’images quotidiennes. Le racisme en est souvent la cause. Ce phénomène est actuellement documenté sur la place antiraciste, où des équipes se rencontrent autour de leurs propres travaux. Invitée d’honneur : la mère de Carlo Giuliani, le jeune homme abattu d’une balle dans la tête par la police lors des manifestations contre le sommet du G8 à Gênes en 2001.
Le fairplay est aussi de rigueur pendant les matchs : un gardien de but, six joueurs, deux fois dix minutes et pas de hors-jeu. Ici, l’enjeu n’est ni la victoire ni la performance sportive. Les crampons sont interdits et les fautes peuvent entraîner la disqualification. Cette ambiance bon enfant séduit de plus en plus de femmes. Des équipes exclusivement féminines et plus d’une centaine d’équipes mixtes parlent d’eux-mêmes.
Le „mondiali“ : un projet d’échange et de partenariat, où la participation d’équipes économiquement défavorisées est financée par le parrainage. Une solidarité qui tisse des liens, au delà de toute frontière. Le défilé traditionnel de tous les participants sur la place du marché de Montecchio est devenu symbole de cohésion. On fait la fête avec les habitants de la ville en brandissant l’étendard de la lutte, avant d’aller aux concerts qui ont lieu tous les soirs. On passe la soirée avec des groupes comme “Mastaya” venu de France ou les catalans « Obrint Pas ».
Le jour décisif est arrivé. Le coeur n’y est pas vraiment mais il faut trouver un vainqueur. Les derniers en lice se déciment aux tirs au but, une façon d’éviter une agressivité inutile. Le public est malgré tout tenu en haleine et réagit avec enthousiasme. Et tout est bien qui finit bien puisqu’il y a des gagnants. Mais ces derniers n’ont pas participé à la remise des médailles, car les valeurs humaines priment ici sur la performance sportive. Les coupes étaient destinées à l’équipe la plus fairplay, aux membres les plus fidèles, aux meilleurs animateurs, aux participants venus de la ville la plus éloignée ou à la meilleure équipe féminine. Mais la coupe la plus prestigieuse a été remise aux hommes et aux femmes qui ont milité contre le racisme durant toute l’année par des actions en milieu scolaire.
Infos
8. Mondiali Antirazzisti
du 07 au 11 juillet 2004
>> Le site officiel - http://lola.d-a-s-h.org/~antira/main.php
FARE Network - Football against racism in Europe
>> Le site officiel - http://www.farenet.org/
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TRACKS
Jeudi 02 septembre 2004 à 23h30
Rediffusion le 03 septembre à 17h45
Rédaction: ZDF, MME
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