En commençant par la plus célèbre d’entre elles, Agatha Christie.
Vendredi 13 Août 2004 à 22h10
Le fil d’une oeuvre : les voyages d’Agatha Christie
Documentaire de Petra Haffter
Allemagne, ZDF, 2004, 1h38mn
Qui était Agatha Christie ? D’Angleterre au Proche-Orient, Petra Haffter est partie sur les traces de la reine du polar, éternelle voyageuse dont la vie est aussi énigmatique que ses romans. Un portrait intrigant en forme de puzzle.Qui était vraiment l’auteure des Dix petits nègres et du Crime de l’Orient-Express, qui nous ont tous tenus en haleine jusqu’à la dernière page ? Quel genre d’existence a mené cette femme terriblement conventionnelle et pourtant en avance sur son temps ? Pour la reine du polar, la vie sur les routes et les rails avait “quelque chose du rêve” et recelait “solitude et mal du pays”, même si “le petit chez-soi perd de son importance tout le temps que l’on est parti”. Quelques romans d’Agatha Christie sous le bras, Petra Haffter est partie sur les traces de cette romancière éprise de voyages.
Point de départ de l’enquête : Torquay, la ville natale d’Agatha Christie sur la côte du Devon, qui vit aujourd’hui en partie d’un tourisme développé autour de l’enfant du pays. Dans ce port d’attache où la romancière a rencontré son premier mari, Archie Christie, Petra Haffter nous invite à une promenade, de Beacon Cove au pavillon où Agatha a écouté un concert de Wagner. Puis, embarquement à bord du légendaire Orient-Express, où est située l’action de l’un de ses plus célèbres romans. Le voyage, effectué de son temps par la romancière, traverse la France, l’Italie et les Balkans jusqu’à Istanbul. Il se poursuit au Proche-Orient où, de nos jours, le train de luxe a cédé la place à des bus brinquebalants.
Que sait-on encore d’Agatha Christie à l’hôtel Orient Palace de Damas ou au Peras Palace d’Istanbul (où elle aurait imaginé Le crime de l’Orient-Express) ? Où sont passés les rails qui menaient d’Istanbul à Bagdad ? Petra Haffter tente de cerner une femme devenue un personnage énigmatique, à l’image de ceux qui peuplent ses intrigues.Vendredi 13 Août 2004 à 23h55
Témoin à charge - Witness of the prosecution
Film de Billy Wilder
États-Unis, 1957, 1h55mn, noir et blanc, VF
Rediffusion le 15 août à 00h15 et le 23 août à 15h15
Scénario : Billy Wilder et Harry Kurnitz, d’après un roman d’Agatha Christie
Avec : Charles Laughton (sir Wilfrid Robarts), Tyrone Power (Léonard Vole), Marlène Dietrich (Christine Vole), Elsa Lanchester (Miss Plimsoll), Una O’Connor (Janet McKenzie), John Williams (Brogan-Moore), Henry Daniell (Mayhew), Torin Thatcher (Mr Meyers), Philip Tonge (l’inspecteur Hearne), Ian Wolfe (Carter), Francis Compton (le juge)
Image : Russell Harlan, Son : Fred Lau, Montage : Daniel Mandell
Musique : Matty Malneck, Production : Edward Small
Productions, Theme Pictures
Un délicieux suspense juridique concocté par l’esprit retors d’Agatha Christie, servi par un merveilleux trio d’acteurs (Tyrone Power, Marlène Dietrich et Charles Laughton) et relevé par le sens de la dérision de Billy Wilder.Atteint d’une grave maladie de coeur, le célèbre avocat sir Wilfrid Robarts ne peut résister au plaisir de défendre Léonard Vole.Celui-ci est accusé d’avoir assassiné sa maîtresse, la richissime Mrs French, une femme plus âgée que lui qu’il avait séduite pour hériter de sa fortune. La cause de Vole se présente d’autant plus mal que la victime lui a tout légué. Seule Christine, sa femme, peut l’innocenter en témoignant qu’il était avec elle au moment du crime.
Drôle de drame Rebondissements, coups de théâtre et surprises en tous genres sont au menu de cette intrigue juridique concoctée par l’esprit délicieusement retors d’Agatha Christie. Billy Wilder s’amuse ici à composer un film à suspense dans le style cher à Hitchcock : l’innocence est le crime, la froide indifférence l’amour, et l’avocat qui croit tenir les meilleures cartes et maîtriser le jeu n’est en réalité qu’une marionnette dont les prétendues victimes tirent les fils. Le trio d’acteurs convoqué ici fait merveille : Tyrone Power détone dans un rôle moins clean que d’habitude, Marlène Dietrich, voix grave, longue silhouette et froideur étudiée, magnifie un personnage des plus complexes, Charles Laughton, plus monstre sacré que jamais, subjugue en avocat bourru et autoritaire.
Il place avec art les brillantes répliques écrites par Billy Wilder, si caractéristiques de son talent et de sa manière de dire des choses graves (autour de la mort, de l’amour passion, de la fragilité ou de l’injustice) sans se départir de son esprit de dérision. Jubilatoire !






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