31.07.07 : 22.30 - Turn me on - 1967 - 02/09/08
Turn me on - 1967
La balade libre et subjective d'un ex-adolescent des sixties à travers l'année 1967 et la contre-culture américaine. Un film hypnotique, vibrant d'utopie et de musique, nourri d'archives underground et de témoignages.
Marc Huraux se souvient : en 1967, il a 15 ans. De sa France natale, où les tours investissent les banlieues et où la télévision couleur fait sa première apparition, lui parvient l'écho déformé et affaibli d'une révolution culturelle et politique. Celle qui, outre-Atlantique, a vu naître et se médiatiser des formes d'expression et des moeurs nouvelles (théâtre, littérature et cinéma contes-tataires, mouvement hippie à San Francisco) en même temps que des manifestations plus ou moins violentes (les émeutes noires de Newark et Detroit, les mouvements antiguerre du Viêt-nam). Laissant ses souvenirs remonter librement, Marc Huraux pioche dans des archives underground et interroge des figures emblématiques de ces mouvements d'avant-garde : Steve Ben Israël du Living Theater, le créateur de marionnettes Peter Schumann, le photographe Alain Dister, le dramaturge noir américain Amiri Baraka... Une balade hypnotique, rythmée par les performances électrisées de Jimi Hendrix.
1967, année hypnotique
Hanté par les fantômes d'Artaud et d'Alan Ginsberg - dont on peut voir un savoureux entretien sur les drogues -, ce documentaire adopte un point de vue délibérément subjectif et affranchi des règles linéaires. Par bribes, au gré des reflux de sa mémoire et de son inconscient, Marc Huraux trace son histoire de la contre-culture américaine et de son impact en France. Extraits de films contestataires (Ice de Robert Kramer, La chinoise de Godard), performances de Peter Schumann et du Living Theater, archives avec Malcom X, Jacques Tati ou Chester Himes, clichés des hippies de San Francisco réalisés par Alain Dister, actualités sur les émeutes aux États-Unis (pendant qu'en France se multiplient les usines et les chantiers), expériences psychédéliques avec William Burroughs... : chemin faisant, les images et les témoignages des interlocuteurs de Marc Huraux dessinent un portrait vibrant d'une année 67 contestataire et particulièrement créative, portée par des idéaux qui, même s'ils ont parfois débouché sur une grande désillusion, peuvent encore nourrir notre présent.
Edité le : 02-09-08
Dernière mise à jour le : 02-09-08