Heureusement, d’autres en France et en Allemagne tiennent des propos plus construits, mais circulaires. On nous dit que la Turquie « n’est pas en Europe » en oubliant que Nicosie (à Chypre) est situé à 800 kilomètres au sud-est d'Istanbul et la Guyane française, en Amérique du Sud. On affirme que l’histoire turque n’est pas européenne, bien que le Sultan eût, à certaines époques, plus de sujets européens qu’asiatiques. Après tout, le café et le croissant de Vienne sont tous les deux venus d’Istanbul ! À ceux qui contestent ces arguments d’autorité, on affirme que « quand même, c’est un pays musulman » et là, on entre vraiment dans le vif du sujet. Pourquoi serait-ce un problème pour la Turquie et pas l’Albanie, toute aussi musulmane, dont personne ne contestera les perspectives d’adhésion ? « Oui, mais l’Albanie est en Europe ». Discours circulaire. Et, pendant ce temps, les Turcs attendent de savoir si l’Europe est capable de tenir sa parole, comme le souligne Alexander Sefes, le correspondant allemand de « 27 et moi ».
« Aimer, ce n'est pas se regarder l'un l'autre, c'est regarder ensemble dans la même direction » disait Saint-Exupéry. Selon moi, le projet européen suit la même logique, or les Européens ont cessé de regarder dans la même direction depuis la chute du Mur pour se regarder les uns les autres. La Turquie est certes différente de l’Estonie, mais pas plus que la Grèce de la Suède. Comme à l’issue de la Seconde Guerre mondiale, l’important n’est pas de se juger mais de construire un nouveau projet de civilisation. Et si les Turcs veulent y participer, de mon point de vue, ils sont les bienvenus pour peu qu’ils nous fassent partager leur « rêve européen ».
Nouvelle Europe
Le point de vue d'une jeune Allemande bien informée dans la section VRAI/FAUX sur « 27 et moi ».






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