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Venise 2004 - 06/09/04

Udalionnyj dostup (Remote Access)

Un film de Svetlana Proskurina
Compétition Venise 2004
 
Synopsis : « Remote Access » suit les destinées parallèles de deux jeunes russes mal dans leur peau. Zhenya voudrait quitter le domicile familial et ses disputes incessantes, pour tenter de grandir en trouvant sa propre voie. Sergey, quant à lui, est hanté par un accident de bateau, où il a été sauvé par son père alors que sa mère et sa sœur ont péri noyées. Par le fruit du hasard, Zhenya et Sergey entrent en contact téléphonique. D’emblée, Sergey est persuadé que la jeune femme est celle qu’il cherche depuis si longtemps, celle qui le délivrera de sa mélancolie. Mais il est aussi impliqué dans les trafics de son ami et protecteur Igor, et ce hasard qui semble soudain lui apporter le bonheur peut aussi le compromettre…
 
Critique : C’est un film russe, « Le Retour », qui a remporté le Lion d’Or, l’an passé. Il était donc logique de trouver une nouvelle révélation russe en compétition à Venise pour l’édition 2004, alors que la présence de ce pays n’est pas systématique dans les festivals internationaux. « Remote Access » n’est pas pour autant réalisé par une inconnue, puisque Svetlana Proskrina était déjà lauréate du Léopard d’Or à Locarno, en 1990, pour son film « A Chance Waltz ».
 
La réalisatrice est également une collaboratrice d’Alexandre Sokourov, jusqu’à lui emprunter son casting, Yelena Rufanova (qui incarnait Eva Braun dans « Moloch ») et Alexander Plaksin (qui jouait dans « Père, fils »). Reflet d’une jeunesse sacrifiée qui ne trouve aucune direction à sa vie (les souvenirs de la Tchétchénie poursuivent Igor et Sergey, quand les parents de Zhenya font éclater leur absence de pédagogie), « Remote Access » choisit, pour joindre le fond à la forme, d’épouser une construction aléatoire et fracturée rappelant la désillusion et l’abstraction du cinéma autrichien, jusque dans ses très discrètes pointes d’humour noir.
Mais, dans sa deuxième partie, le film choisit de se recommander plutôt du cinéma intériorisé et douloureux d’Ingmar Bergman, et trouve alors une plus grande légitimité, même si la réalisatrice choisit de recoller les morceaux de l’intrigue d’une manière très inégale, frôlant l’exaspération par une conclusion qui laisse perplexe, entre tristesse absolue et ironie cruelle.
 
Julien Welter
 
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Remote Access
De Svetlana Proskurina
(Russie, 2004, 1h25)

Avec Dana Agisheva, Alexander Plaksin, Yelena Rufanova, Vladimir Ilyin
Compétition Venezia 61

Edité le : 06-09-04
Dernière mise à jour le : 06-09-04