James MeekUn Acte d'amour
(People's Act of love)
Traduit de l'anglais par David Fauquemberg
Editions Métailié, janvier 07
Bibliothèque écossaise
456 p / 22 €
Le roman débute en 1910, Samarin à 21 ans, est un jeune homme mystérieux. « Tout en lui suggérait le souci de ne jamais dévoiler les mille richesses de sa personnalité, par égard pour ceux qui, dans son entourage était bien moins lotis que lui : sa vivacité d’esprit, sa force, son physique. »
Il tombe amoureux de Katya, arrêtée pour terrorisme. Neuf ans plus tard, les étendues glacées de la Sibérie voient passer un convoi de trains. Un homme et des chevaux tombent dans la rivière en contrebas. Samarin échappé d’un camp de prisonniers est poursuivi par un cannibale, le Mohican. Il rencontre Balashov, qui le mène à son village, Jazyk, habité par une communauté religieuse aux préceptes draconiens. Les adeptes s’infligent la castration pour se rapprocher de la pureté divine. Ils atteignent l’extase en tournant sur eux-mêmes, tels les derviches tourneurs. Loin de la civilisation, ce bourg est mené par Joseph Mutz, lieutenant de la légion tchécoslovaque. Anna, Jeune mère, est seule. Son époux, un hussard a disparu lors d’un combat. Quittant la ville, elle se retrouve dans ce village du bout du monde. Un shaman est assassiné et l’isolement de Jazyk l’expose à une montée de la peur confortée par l’arrivée des rouges.
Les faits et les décor sont plantés. A partir de faits historiques, comme la secte des castrats et le cannibalisme des prisonniers, James Meek, brode un roman perclus de rebondissements. Les cent premières pages sont envoûtantes. La vie des personnages nous plonge dans les péripéties de la Russie, au cours de ces années décisives mais au fil des chapitres, l'intérêt s'éteint.
Il y a des égarements, et malgré des qualités indéniables, Jame Meek s’enlise dans des descriptions, en ajoutant des effets inutiles. Ce roman est inégal. Hormis, le choix du décor et de la période historique, il ne possède rien qui vaille cet engouement. L’auteur, journaliste célèbre a mis dix ans pour l’écrire, ce qui explique peut-être l’impression décousue de certains passages. Traduit dans 27 pays, « Un acte d’amour » est un best-seller aux Etats-Unis et en Angleterre. Il va être adapté au cinéma par Johnny Deep.
- James Meek est né à Londres en 1962 et a grandi à Dundee. Grand reporter depuis 1985, il a vécu en Russie de 1991 à 1999. Il vit actuellement à Londres et collabore au Guardian, à la London Review of Books et à Granta.






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