Interview exclusive de Sophie Fillières
Synopsis : A 35 ans, Célimène (Chiara Mastroianni) est plutôt « en chantier » qu’enchantée. Comme son appartement est en travaux, elle doit littéralement camper en compagnie de son jeune fils chez sa mère. Victime du syndrome de la page blanche, elle ne parvient plus à écrire une ligne. Dans le même temps, elle se sépare d’Antoine (Malik Zidi), son petit ami. Et comme si ça ne suffisait pas, la jeune Anaïs (Agathe Bonitzer) surgit dans son existence, lui vole son courrier, consulte son psy et voudrait devenir le sujet de son prochain livre. Cavalière et dérangeante, cette intrusion pourrait néanmoins offrir à Célimène une issue à sa pénible situation.

De Sophie Fillières
(2009, France, 1h46)
Avec Chiara Mastroianni, Agathe Bonitzer, Sophie Guillemin, Malik Zidi…

Ce quatrième long métrage de Sophie Fillières est donc fait d’observations, de filatures et même de quelques poursuites. Il est plus physique, plus joyeux et moins oppressant que « Grande petite » (1993), « Aïe » (2000) et « Gentille » (2005), même s’il est parcouru par une folie douce un peu comparable. L’espace y paraît moins abstrait et les bizarreries moins inquiétantes, plus ludiques. La réalisatrice n’a jamais misé, il est vrai, sur des situations extravagantes, voire surnaturelles, même si « Aïe » - le nom du personnage principal de cette comédie – se prétendait une extra-terrestre. Elle préfère additionner des micro évènements qui confèrent à l’ensemble sa singularité. Le jeu de sa sœur, la comédienne Hélène Fillères, est proche de cette mise en scène. Lorsqu’elle est à l’écran, un seul de ses froncements de sourcils peut abattre un mur.
Très écrit, le style de Sophie Fillières se base peu sur les mouvements de caméra ou sur les gros plans. C’est une efficacité en soi : Lorsqu’ils surgissent, les désirs s’incarnent plus fortement et la pensée s’illumine carrément. Les visages aussi. De la même manière, les comédiens semblent parfois vissés dans le plan, un autre effet dont la réalisatrice tire une force indéniable. Une force, mais aussi une vivacité inattendue. Sophie Fillières trouve en Chiara Mastrioanni un potentiel comique que d’autres cinéastes n’avaient tout simplement pas envisagé, même dans les comédies tournées récemment par l’actrice (« L’heure zéro » de Pascal Thomas). En jeans tout du long, avec ses bottes, une sorte de panoplie de la demoiselle en transit dont la garde-robe est à l’avenant et qui ne peut pas se permettre d’avoir de la coquetterie, Chiara Mastrioanni renouvelle et se réapproprie l’image galvaudée de la trentenaire « en travaux ». Célimène refait son plafond, sans y ôter l’araignée, et elle laisse la porte ouverte aux autres, ce qui est bien rare en France.






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( note Arte: 3.5 )






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