Taille du texte: + -
Accueil > Mouvements de cinéma > Actualité Cinéma > Actu cinéma du 25 mars 2009 > Un chat un chat

Actualité Cinéma

Pour ceux qui aiment les macarons… (ou les costumes ou Michelle Pfeiffer)

Actualité Cinéma

Sortie du 25 mars 2009 - 25/03/09

Un chat un chat

( note Arte: 3.5 ) Enfin un rôle enjoué pour Chiara Mastroianni !

  • Interview de Chiara Mastroianni
  • Interview de Sophie Fillières

Previous videoNext video

Previous imageNext image
Interview exclusive de Chiara Mastroianni
Interview exclusive de Sophie Fillières

Synopsis : A 35 ans, Célimène (Chiara Mastroianni) est plutôt « en chantier » qu’enchantée. Comme son appartement est en travaux, elle doit littéralement camper en compagnie de son jeune fils chez sa mère. Victime du syndrome de la page blanche, elle ne parvient plus à écrire une ligne. Dans le même temps, elle se sépare d’Antoine (Malik Zidi), son petit ami. Et comme si ça ne suffisait pas, la jeune Anaïs (Agathe Bonitzer) surgit dans son existence, lui vole son courrier, consulte son psy et voudrait devenir le sujet de son prochain livre. Cavalière et dérangeante, cette intrusion pourrait néanmoins offrir à Célimène une issue à sa pénible situation.

Un chat un chat
De Sophie Fillières
(2009, France, 1h46)
Avec Chiara Mastroianni, Agathe Bonitzer, Sophie Guillemin, Malik Zidi…
Critique : Un chat et… un deuxième chat. Ou comment réussir à être avec l’autre, une autre pour l’occasion. Ni un couple ni une amitié, mais un autre rapport, moins formaté et plus ouvert aux possibilités. Célimène et Anaïs n’avaient pas rendez-vous, elles ne sont pas forcément complémentaires, mais la situation de la première est viciée. Il lui faut ouvrir une fenêtre et tenter cette rencontre avec la seconde, une jeune étudiante.

Ce quatrième long métrage de Sophie Fillières est donc fait d’observations, de filatures et même de quelques poursuites. Il est plus physique, plus joyeux et moins oppressant que « Grande petite » (1993), « Aïe » (2000) et « Gentille » (2005), même s’il est parcouru par une folie douce un peu comparable. L’espace y paraît moins abstrait et les bizarreries moins inquiétantes, plus ludiques. La réalisatrice n’a jamais misé, il est vrai, sur des situations extravagantes, voire surnaturelles, même si « Aïe » - le nom du personnage principal de cette comédie – se prétendait une extra-terrestre. Elle préfère additionner des micro évènements qui confèrent à l’ensemble sa singularité. Le jeu de sa sœur, la comédienne Hélène Fillères, est proche de cette mise en scène. Lorsqu’elle est à l’écran, un seul de ses froncements de sourcils peut abattre un mur.

Très écrit, le style de Sophie Fillières se base peu sur les mouvements de caméra ou sur les gros plans. C’est une efficacité en soi : Lorsqu’ils surgissent, les désirs s’incarnent plus fortement et la pensée s’illumine carrément. Les visages aussi. De la même manière, les comédiens semblent parfois vissés dans le plan, un autre effet dont la réalisatrice tire une force indéniable. Une force, mais aussi une vivacité inattendue. Sophie Fillières trouve en Chiara Mastrioanni un potentiel comique que d’autres cinéastes n’avaient tout simplement pas envisagé, même dans les comédies tournées récemment par l’actrice (« L’heure zéro » de Pascal Thomas). En jeans tout du long, avec ses bottes, une sorte de panoplie de la demoiselle en transit dont la garde-robe est à l’avenant et qui ne peut pas se permettre d’avoir de la coquetterie, Chiara Mastrioanni renouvelle et se réapproprie l’image galvaudée de la trentenaire « en travaux ». Célimène refait son plafond, sans y ôter l’araignée, et elle laisse la porte ouverte aux autres, ce qui est bien rare en France.

Julien Welter

Edité le : Sat Feb 14 12:00:00 CET 2009
Dernière mise à jour le : Wed Mar 25 13:37:25 CET 2009