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28/05/09

Un fantôme dans nos gènes

Selon les chercheurs en épigénétique, nos gènes seraient susceptibles d’être modifiés par des événements extérieurs… Ce documentaire fait le point sur leurs travaux, qui pourraient bouleverser notre appréhension de l’être humain.

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Un documentaire de Nigel Paterson.

À la fin des années 1990, la communauté scientifique se prend à rêver : grâce au décodage du génome humain, on pourra bientôt guérir toutes les maladies; l’ADN est une bible qu’il suffit de savoir lire pour comprendre le fonctionnement de l’organisme. À l’époque, on estime le nombre de gènes humains à cent mille. Très vite, au fur et à mesure que le décodage progresse, le chiffre décroît. "Finalement", explique Michael Skinner, de l'université d’État de Washington, "on s’est aperçu que l’homme n’avait pas plus de gènes qu’une vulgaire plante !" À peine trente mille : pas de quoi expliquer la complexité de son fonctionnement !

Parallèlement, Marcus Pembrey, professeur à l’Institut de la santé infantile du University College de Londres, fait une découverte troublante : deux maladies sur lesquelles il travaille, les syndromes de Beckwith- Wiedemann et de Prader-Willi, ont pour origine le même chromosome défectueux. Plus curieux encore: lorsque ce chromosome vient du père, c’est le syndrome de Prader-Willi qui se développe ; quand il vient de la mère, c’est celui de Beckwith-Wiedemann qui apparaît. Comment expliquer qu’un même gène soit à l’origine de deux maladies ? Soit la transmission ne se fait pas uniquement par les gènes ; soit un gène est modifié par son parcours antérieur et conserve, en quelque sorte, la mémoire de sa propre histoire.

Cherchant à valider ces hypothèses, les scientifiques font alors une autre découverte : les gènes semblent disposer d’une sorte d’interrupteur qu’un simple changement d’environnement (choc émotionnel, carences alimentaires, etc.) serait susceptible d’activer ou de désactiver. Et la position de l’interrupteur se transmet d’une génération à l’autre.

Ainsi, la "mémoire" génétique d’un événement peut traverser les générations sans que les intéressés en soient conscients. La question n’est pas seulement de savoir de quels gènes nous avons hérité. Il faut aussi se demander s’ils sont activés ou pas. En résumé : dis-moi ce que mangeait ta grand-mère, je te dirai qui tu es !

Un fantôme dans nos gènes
samedi, 6 juin 2009 à 10:05
Pas de rediffusion
(Royaume Uni , 2005, 48mn)
ARTE F

Edité le : 18-05-09
Dernière mise à jour le : 28-05-09


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