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Mises en perspective : Pologne - 23/06/10

Un gros budget pour une Europe forte

Dans un pays où l’agriculture joue traditionnellement un rôle très important dans la société comme l’Autriche, les négociations pour le budget de l’Union européenne en 2014-2020 tourneront autour d’une question épineuse : à quoi ressemblera la Politique agricole commune (PAC) de demain ? Car bien que les politiques de tous bords acceptent certains changements structurels dans les économies post-industrielles, les coopératives d’agriculteurs continuent à peser politiquement.


La Pologne soutient que l’adoption d’un budget plus modeste condamne l’Europe à une marginalisation croissante dans un monde globalisé. La tendance à l’amenuisement du budget ne peut que diminuer la capacité de réaction de l’Europe face aux besoins changeants de son économie et de sa société. En tant que principal bénéficiaire des transferts budgétaires, la Pologne se prononce pour un gros budget européen, tout en faisant valoir que les contributeurs nets en retirent des avantages principalement indirects en termes d’harmonisation, de coordination et d’économies d’échelle. Elle affirme également que la logique d’équilibre net et la domination des intérêts financiers nationaux (questions qui sont aussi abordées dans le rapport Lamassoure de mars 2007 empêchent l’adoption de solutions allant dans le sens de l’intérêt commun européen.

La Pologne s’oppose en principe à la diminution des fonds de la politique de cohésion et à une éventuelle renationalisation de la PAC. Cette dernière devrait continuer à dépendre uniquement du budget de l’UE. La part de la PAC dans les dépenses européennes a de toute façon largement diminué depuis trente ans (passant de 70 % en 1985 à 32 % en 2013). De plus, le cadre financier actuel d’attribution des financements de la PAC est discriminatoire pour les douze nouveaux membres, qui souhaitent voir ce problème réglé à partir de 2014.

La Pologne ne considère toutefois pas que la politique de cohésion soit contraire à l’innovation. Cette politique se traduit précisément dans le pays par des investissements dans les infrastructures, l’innovation et l’entrepreneuriat. Elle soutient les petites et les moyennes entreprises qui recourent aux nouvelles technologies, aux transports respectueux de l’environnement ou aux énergies renouvelables. Au stade actuel de son développement, la Pologne a besoin d’investissements dans le domaine des infrastructures de base et de haute technologie. On ne peut pas continuer à diminuer le budget européen, qui doit permettre la réalisation d’objectifs stratégiques à long terme concernant la cohésion sociale et territoriale, l’énergie et les changements climatiques, une réforme durable de la PAC, ou la politique européenne de voisinage. Dans le cas de cette dernière, il serait judicieux de modifier les critères démographiques actuels de financement qui attribuent les deux tiers des fonds aux pays du Sud et un tiers seulement aux pays du partenariat oriental. Il faudrait aussi adopter des règles de conditionnalité positive, pour faire davantage dépendre le financement de la capacité d’absorption et de la progression des réformes dans les pays partenaires.

Ces questions font l’objet d’un relatif consensus en Pologne, les acteurs semblant être d’accord sur les principales priorités. Les enjeux du budget européen sont considérés comme ceux de la construction européenne elle-même et comme révélateurs de la direction que veulent prendre les Européens. Il est à noter dans ce contexte que le budget de l’UE représente 1 % de son Produit intérieur brut (PIB) alors que le budget fédéral des États-Unis équivaut à 20 % du PIB du pays.

La Pologne, qui défend l’adoption d’un budget plus important et l’augmentation ou le maintien des dépenses de presque tous les postes budgétaires, n’a pas la tâche facile. Elle peut compter de façon certaine sur les pays d’Europe centrale, mais aussi sur la France et l’Italie, pour soutenir ses principales priorités. Il sera intéressant de voir l’utilisation qu’elle fera des opportunités que lui offre la présidence de l’UE au deuxième semestre de 2011. Eu égard à l’importance des questions en jeu, la Pologne peut être tentée d’outrepasser son rôle d’ « honnête courtier » et d’essayer de défendre ses propres intérêts.

Agnieszka Cianciara


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Regards croisés n° 16
Les priorités du budget européen 2014-2020
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Edité le : 17-06-10
Dernière mise à jour le : 23-06-10


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