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Cannes 2008

Retrouvez toute l'actualité de la 61ème édition du festival de Cannes dans ce dossier.

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Cannes 2008

Cannes 2008 - Edito du 16 mai - 29/08/08

Un monde pas très diplomatique

Noir toujours plus noir… Cannes continue de sombrer dans un pessimisme abyssal avec Leonora et Quatre Nuits avec Anna.

Après le huis clos apocalyptique du film de Meirelles, la compétition reste dans le claustrophobie la plus sombre avec Leonora de Pablo Trapero, un film qui se déroule dans une prison en Argentine. On y entre sur les pas d’une jeune femme traumatisée, Julia condamnée pour meurtre. Enceinte, elle est placée dans le quartier des femmes avec enfants (qu’elles ont le droit de garder auprès d’elle jusqu’à ce que qu’ils atteignent quatre ans). Pendant trois ans, Julia va donc devenir mère, adulte et apprendre à survivre dans un monde carcéral brutal. Le film est portée par son actrice Martina Gusman, d’ores et déjà en lice pour le prix d’interprétation.

La Quinzaine des Réalisateurs s’ouvre avec un film qui marque le retour très attendu du grand cinéaste polonais Jerzy Skolimowski qui n’avait rien tourné depuis 17 ans. Quatre Nuits avec Anna, un film radical, sombre et peu aimable, fait souffrir la spectateur et son héros (dans un même mouvement), un employé d’hôpital quasi-muet un peu simple, témoin du viol d’une infirmière qu’il espionne, pour qui les choses tournent mal. Décidément le monde est dans un triste état et Cannes en est un miroir d’une violence parfois insoutenable qui colle au réel jusqu’à l’épuisement. Exception faite de Valse avec Bashir d’Ari Folman, réflexion magnifique et vertigineuse sur la mémoire. Dans une longue quête, un homme tente de se remémorer le souvenir traumatique d’une guerre. Folman réussit un chef d’œuvre d’animation qui a tout pour lui : un style éblouissant, un graphisme novateur, une force d’évocation peu commune, une vision et du souffle.

Delphine Valloire

Edité le : 16-05-08
Dernière mise à jour le : 29-08-08