(Corée du Sud, 2003, 1h50)
Avec Moon Sori, Hwang Jungmin, Yun Yeo-Jung…
Synopsis : Mariée à un avocat brillant et fortuné, Hojung élève l’enfant que leur couple a adopté. La désaffection de son époux, à laquelle s’ajoutent ses mensonges éhontés, ne constituent pas la seule préoccupation de cette femme élégante : son beau-père, miné par un alcoolisme dont il s’évertue de façon kamikaze à accentuer les effets, est en train de pousser ses derniers soupirs d’une manière pas vraiment digne. Hojung trouve une alternative dans la fréquentation de l’un de ses voisins, un adolescent turbulent en compagnie duquel elle se plaie à flirter. Tandis que son mari est impliqué dans un accident de la route en compagnie de sa maîtresse, elle commence à s’émanciper de son univers domestique…Critique : On ne connaissait d’Im Sang-Soo que son premier film, « Girls night out », exploitant au féminin le genre de la confession impudique et contemporaine. « Une femme coréenne », son troisième long métrage, fait manifestement preuve d’une ambition plus grande, même s’il développe une thématique voisine qui personnifie également tout un pan du cinéma d’auteur coréen actuel, des éclairs de violence brisant la résolution morne des personnages citadins d’Hong Sangsoo (« La Femme est l’avenir de l’homme » et « Turning Gate ») à une défiance envers le communautarisme caractérisée par les films de Lee Chang-Dong (« Peppermint Candy » ou « Oasis »).
S’astreignant à radiographier les interrogations d’une classe adulte et nord-coréenne, qui ne sait comment appréhender son accession encore nouvelle à la démocratie, au confort bourgeois et à la manifestation du féminisme autrement que par l’alcool, le sexe crû et les disputes éclatant tard dans la nuit, ce cinéma ne parvient à porter son message, celui d’un accomplissement qui s’avère le plus souvent individuel et franc-tireur, que par le biais d’un désarroi coléreux et blême. Formellement, Im Sang-Soo se démarque par un travail de montage plutôt échevelé, où la prédilection pour le plan court, qui n’est que le maillon d’une intrigue dont les enjeux de dessinent petit à petit, ne s’avère pas éreintante, en raison d’un rythme qui se méfie de l’hystérie et privilégie une touche contemplative ou même placide. Une vision apocalyptique de la génération aînée (déchéance, sénilité, exhumation macabre, alcoolisme terminal… il faut bien tuer le père, mais à ce point ?), doublée d’une cruauté rustaude envers les enfants (dont une défenestration fonctionnant presque comme un gag), donne une idée de la panade dans laquelle se trouve, pour Im Sang-Soo, la jeune classe dominante nord-coréenne (pas de place pour la descendance, pas plus que pour l’ascendance). Elle laisse aussi deviner de sa part un éclat de rire à moitié étouffé, qui conserve au film sa capacité d’étonnement.
Julien Welter
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Une femme coréenne
D’Im Sang-Soo
(Corée du Sud, 2003, 1h50)
Avec Moon Sori, Hwang Jungmin, Yun Yeo-Jung…
Sortie du 30 mars 2005






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