La boucle documentaire proposée par ÆLAB, concentre à elle seule tous les enjeux de société posés par les choix technologiques du début du siècle, et les questions méthaphysiques que soulèvent aujourd’hui encore les découvertes de Tesla. On y apprend combien dès 1884 le milieu scientifique avait saisi la portée de ses recherches, occultées par Edison, avec la presse, la banque Morgan et les détenteurs de l’énergie fossile, bien trop concernés par le déploiement d’un service lucratif qui fournirait de manière parcellaire –soit-, à partir d’un dispositif coûteux et polluant –certes-, du courant continu pour New York city. Car non content d’avoir démontré les avantages du courant alternatif et du moteur à turbine à 28 ans, le jeune austro-hongrois, émigré aux USA, allait alors jeter les bases de ce qu’on appelle aujourd’hui le “new world order”, persuadé à l’époque, qu’on pouvait utiliser l’énergie du “vide” pour fournir de l’électricité gratuite pour tous.
"Il faut considérer Tesla comme un artiste, commente Velimir Abramovic, l’un des intervenants du film. C’est dans le livre de Margaret Cheney, "Man out of time" que j’ai réalisé combien l’art et la science étaient liés, ils appartiennent au même monde des idées."Pensée globale, extraordinaire pouvoir de visualisation, intuition et connaissance permettent à Tesla d’explorer l’invisible. L’installation In/Fluencing d’Ælab illustre la façon dont les phénomènes électromagnétiques se traduisent à l’échelle nano et microspcopique. Métaphore autour de l’énergie du point zéro, l’atmosphère comme source globale d’énergie autonome.
L’œuvre pour le moins énigmatique de David Thomas, Matrix for Yellow light - un disque d’or en rotation entre deux plaques de verre avec présentation power point, ...? -, est censée scruter notre rapport à la connaissance au XXI siècle, questionnant les limites du perceptible et la matière dont se crée le savoir. A quel moment ce qu'on nomme data, les données, deviennent-elles de la connaissance ? Prescient Tesla ? Fils de pasteur et d’une mère dont on dit qu’elle était étonnamment brillante bien qu’illettrée, le scientifique était aussi un homme mystique capable d’admettre lors d’une conférence de presse, que “oui il pouvait y avoir une vie après la mort, et qu’un jour il nous serait sans doute possible de communiquer avec l’au-delà.”
Tesla eut comme tous les artistes inspirés sa période bouddhiste dont ne sont pas issus des tubes de rock psychédéliques gravés sur microsillons, mais une réflexion philosophique et métaphysique qu’il connecte avec les effets de l’électromagnétisme sur le corps.
Introduisant dans les années 20, les principes d’une électromédecine, pratiquée de nos jours, Tesla va plus loin, persuadé qu’en jouant sur le temps et l’espace il devrait être possible de ramener à l’état initial des tissus endommagés. Une piste ? Un bout du fil d’Ariane qui nous permettra peut-être d’expliquer un jour des phénomènes paranormaux aussi improbables que les opérations du chaman Hermanito, diffusées lors d’une récente théma sur ARTE.
En attendant, un essai récent publié par le journaliste scientifique Maxence Layet, “L’énergie sécrète de l’univers” nous révèle après plusieurs années d’investigations les corrélations implicites entre médecine chinoise – des connaissances véhiculées depuis trois mille ans - et les avancées technologiques actuelles.

La boucle vidéo, Saint-Georges et le dragon, mise en œuvre par le fondateur du collectif Avatar, Jocelyn Robert, fait ainsi allusion au mythe de Sisyphe, héros de la mythologie grecque dont la trop grande compréhension irritait les dieux qui l'ont condamné à porter un bandeau et pousser un rocher vers le sommet d'une montagne, jusqu’à ce qu’elle tombe de l’autre côté, irrémédiablement.
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- Le festival
Corps électromagnétiques
jusqu’au 15 octobre 2006
Maison Européenne de la photographie - Paris
>> Le site officiel






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