Mais comme s’en souvient Eugene Sledge, à l’instar des Marines et des soldats encore en train de lutter d’arrache-pied dans le Pacifique : « Cela nous importait peu. L’Allemagne nazie aurait tout aussi bien pu se trouver sur la lune ! »
La bataille d’Okinawa s’enlise jusqu’en juin et lorsqu’elle s’achève enfin, 92 000 soldats japonais, de même que des dizaines de milliers de civils, y ont perdu la vie. Okinawa est aussi la pire bataille des Américains dans le Pacifique, et tandis qu’ils se préparent à se lancer à l’assaut du Japon, d’autres pertes plus terribles encore paraissent inévitables. à Potsdam, les alliés font connaître leurs conditions de paix, mais la plupart des dirigeants japonais refuse d’envisager une reddition sans condition en dépit de l’agonie qu’endure leur peuple.
Alors, le 6 août 1945, sur l’ordre du président Truman, un bombardier américain lâche une unique bombe atomique sur la ville d’ Hiroshima, rayant de la surface de la planète, en une seule seconde, 40 000 hommes, femmes et enfants. 100 000 autres mourront en l’espace de quelques jours, des brûlures dues aux radiations, et 100 000 de plus succomberont à l’empoisonnement radioactif au cours des cinq années suivantes. Deux jours plus tard, la Russie déclare elle aussi la guerre au Japon puis, le 9 août, une seconde bombe atomique américaine détruit la ville de Nagasaki. L’état-major japonais se résigne enfin à capituler, ce qui met fin au plus grand cataclysme de l’Histoire.
Au cours des mois et des années qui s’ensuivent, des millions de jeunes hommes rentrent chez eux, anxieux de recoller les morceaux de leur existence anéantie, et s’efforcent de réapprendre à vivre dans un monde sans guerre.
Mars 1945 - Décembre 1945