Golden Globe du meilleur fim étranger
Film nominé aux Oscars du meilleur film étranger : cérémonie le 22 février prochain
L'interview avec le réalisateur Ari Folman
Entretien : Denis Michelis
Le trailer du Film
(Windows Media Vidéo)
Synopsis : Le metteur en scène israélien Ari répond à une étrange invitation de son vieil ami Boaz. Celui-ci est la proie d’un cauchemar récurrent : une meute canine dévale les rues et vient s’arrêter sous ses fenêtres, comme pour réclamer vengeance. Les chiens sont au nombre de ceux que Boaz, alors jeune soldat dans les rangs de Tsahal lors de l’invasion du Liban en 1982, a tué en mission. C’est le point de départ d’un long travail d’investigation mené par Ari. Lui qui affirme n’avoir aucun souvenir de cette période alors qu’il fut également envoyé au Liban commence à ressentir les effets violents d’une réactivation de sa propre mémoire à la suite de cette entrevue : des flashs, puis des images ou des scènes auquel il n’est pas certain d’être associé. Ari veut partir à la recherche de ses souvenirs et interroge plusieurs de ses anciens camarades de combat.
Critique : Cinéaste rompu à la fiction et au documentaire, Ari Folman légitime d’emblée son emploi de la technique animée pour ce nouveau projet marqué par l’hybridation (3D et dessins traditionnels). L’irréalité de la guerre, le caractère mouvant ou friable du souvenir et l’aspect retors de la mémoire seront mieux figurés par l’animation. Folman a enregistré en vidéo les témoignages de ses amis. Il souhaite toutefois distinguer son travail du procédé dit du Rotoscope rendu célèbre par les films de Richard Linklater (« A Scanner Darkly »), lorsque la création infographique se superpose aux prises de vue réelles où s’illustrent des comédiens, pour redessiner leur silhouette. L’effet est néanmoins voisin, puisque le dépôt d’une pellicule supplémentaire, parallèle et dessinée, participe au même titre que le travail de Folman d’un jeu de la confusion, aux effets parfois hallucinatoires, provoqué par l’entremêlement des rêves, des images qu’on pense fixées dans la mémoire. Parfois dangereuse, voire douteuse, la subjectivité se mêle bien sûr au travail de sape opéré par le désarroi des vétérans sujets au stress post traumatique, ou au déni par réflexe de protection de soi.
L’animation redéfinit aussi le rapport physique et l’appréhension du monde dans un univers de métal, de fracas et de masculinité poussée vers l’absurde. A ce titre, « Waltz with Bashir » paie son tribut à l’aspect rock’n’roll et musclé des films de guerre, ou à leur manque de subtilité dans la mesure où la situation n’y invite pas. Il ne s’en réfère pas moins à des faits bien réels et au président libanais porté par les chrétiens du Liban. Bashir Gemayel est assassiné en 1982, quelques jours après son investiture. L’évènement dramatique est désigné comme le prélude des massacres perpétrés dans les camps des réfugiés palestiniens de Sabra et Chatila. Le rôle de l’armée israélienne, désignée complice soit par son implication, soit par sa passivité, est la source de nombreux débats. Folman s’attache plutôt aux sentiments de ses fantassins : mémoire effacée, résurgence, effet boomerang… Une madeleine dont le goût amer est exacerbé par l’emploi de la couleur jaune à l’image, entre déluge de feu et remugles bilieux.
Malgré la tentation de l’approximation à laquelle peut inciter le flou historique de la situation, ce film animé s’inscrit dans la tradition adulte du genre marquée par l’exutoire. Ainsi, à la fantaisie militaire se joint l’irruption finale des images réelles. La recherche de l’image, puis l’image elle-même ressurgit et se tient devant Ari l’ex soldat, d’où l’emploi des archive télévisées en guise de conclusion, non comme aveu d’échec ou pour se débarrasser du procédé animé qui n’aurait plus d’utilité puisque le cheminement est arrivé à son terme, mais parce que celui-ci a produit son résultat, ce vers quoi il tendait. Ici, non « l’adversaire » mais simplement l’autre a retrouvé un visage, car à force de le déshumaniser, on se déshumanise soi même et on devient un prédateur, un chien de guerre identique à ceux qui apparaissent à Boaz dans ses rêves.
Julien Welter
- Les compléments de la version collector :
- L’histoire d’un film par Ari Folman (making of) - 40 mn
Entretiens avec Ari Folman, story-boards, animatics…
- Scène coupée : « La mort de Bachir » - 40s
- Ari Folman bouleverse Cannes - 7 mn
Ari Folman à Cannes
- De Cannes à Sderot – Ari Folman en Israël - 6 mn
Interview du réalisateur lors de la projection du film au Festival de Sderot
(Israël), une semaine après le Festival de Cannes
- Le choc de Sabra et Chatila - 2 mn
Reportage du JT d’Antenne 2 le lendemain du massacre de Sabra et Chatila (le 18 septembre 1982)
- La Tragédie libanaise - 10 mn
Entretien avec Joseph Bahout, politologue
- 10 planches type cartes postales (10x18) issues de la bande-dessinée Casterman - Arte
Editions dont la sortie est prévue le 14 janvier 2009 *
- Bande annonce VOST
Caractéristiques techniques du DVD :
Durée du film 1h26 – Couleur – 16/9 – DVD 9 – Stéréo et 5.1 – Pal – Zone 2
Version hébraïque sous-titrée français / Version française
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Valse avec Bachir
(Waltz With Bashir)
Documentaire d’animation d’Ari Folman
(2007, Israël - France, 1h27)
Compétition Cannes 2008
Une Coproduction Arte
Un DVD Editions Montparnasse
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( note Arte: 4 )







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