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Venise 2004 - 07/09/04

Vanity Fair

Un film de Mira Nair
Venise 2004 – Compétition officielle

Synopsis: Début du XIXème siècle, Angleterre. Fille d’un peintre sans le sou et d’une chanteuse d’opéra française, Rebecca Sharp devient orpheline très jeune. Déjà enfant en pensionnat, elle travaille dans l’espoir que ses rêves de gloire et d’ascension sociale se réalisent. Quand elle quitte son école, Becky décide de conquérir la bonne société anglaise aussi tôt que possible. Elle déploie toute son intelligence, sa grâce, sa diplomatie et sa séduction pour arriver au sommet.

Critique : Adapter le millier de pages, au bas mot, de « La Foire aux vanités » de W.M. Thackeray relève de la gageure. Mira Nair habituée aux excentricités sans limites de Bollywood s’est attaquée au sujet avec candeur et sincérité. Néanmoins, plus le film avance, plus il s’apparente à une immense pièce montée à la crème, enrubanné et richement décoré mais extrêmement lourd à digérer.

A Londres, pendant les guerres napoléoniennes, Rebecca Sharp réalise sa difficile ascension sociale, pas à pas et ce chemin semble parfois bien long malgré la pléthore d’excellents acteurs qui le jalonnent : Rhys Ifans, Gabriel Byrne ou Jim Broadbent. Pour incarner cette charmante ambitieuse à la volonté de fer et à l’intelligence aiguisée, il fallait une actrice exceptionnelle, qui accroche le regard pour ne plus le laisser s’échapper. Reese Whiterspoon est juste un cran au-dessous de la barre. Certes agréable à regarder, elle est crédible en opportuniste, une équilibriste qui se fraye une voie vers les plus hautes sphères de la société anglaise avec juste ce qu’il faut de tendresse et d’empathie dans le regard pour rendre son personnage sympathique malgré tout. Mais elle laisse filer les scènes les plus cathartiques, hors comédie. Dès que la violence, le remord ou le conflit apparaissent dans une scène, elle disparaît, dépassée par la tâche. En quelques mots : la grâce mais sans l’intensité.

Bien sûr la modernité de l’histoire paraissait séduisante : des caractères humains poussés à leurs extrêmes jusqu’à la tragédie comme chez Balzac. Mira Nair aime ces personnages corrompus mais naïfs qui évoluent dans des décors somptueux à la recherche d’un bonheur idéal et artificiel qu’ils ne connaîtront jamais. Par manque de souffle ou d’inspiration, la cinéaste ne réussit à faire partager ni son enthousiasme ni ses convictions. « Vanity Fair » n’est pas « Autant en emporte le Vent » : l’héroïne de Thackeray avait la trempe d’une Scarlett O’Hara mais celle de Mira Nair n’en a pas l’éclat.

Delphine Valloire

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Vanity Fair
(USA, 2004, 140 mn)
De Mira Nair
Avec Reese Whiterspoon, Eileen Atkins, Jim Broadbent, Gabriel Byrne, Bob Hoskins, Rhys Ifans…
Venise 2004 – Compétition officielle

Edité le : 07-09-04
Dernière mise à jour le : 07-09-04