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Tracks fait le tour des sons et des cultures qui dépassent les bornes, tous les samedis à partir de 23h.

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Tracks fait le tour des sons et des cultures qui dépassent les bornes, tous les samedis à partir de 23h.

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2003.09.16 - 23.15 : tracks - 15/09/04

Vibration - Design made in Tokyo

Le centre de Tokyo. Dans les rames de métro, c’est la cohue. Les gens sont fatigués. Du fait du manque d’espace, la ville est éreintante.Seuls les cafés offrent un peu de répit, de lumière, de vide. Ces oasis de sérénité n’ont rien du boui boui enfumé. Tout repose sur le design. Dans les restaurants comme dans les boutiques, les clients fuient le stress. Et les designers d’avant-garde en tiennent compte en redoublant de sobriété.

Masamichi Katayama
Masamichi Katayama est l’un des architectes d’intérieur les plus connus du Japon. Depuis l’an 2000, il dirige sa propre agence, dénommée « Wonderwall ». Apprécié pour ses lignes épurées, ce sont pourtant ses projets les plus spectaculaires qui l’ont rendu célèbre. Un style zen mêlé d’idées occidentales où la fonctionnalité et l’atmosphère sont toujours au premier plan. Entre temps, ses concepts sont également très demandé, en Europe et aux Etats Unis.

Masamichi Katayama : "Je crois que l’aspect émotionnel est primordial. La beauté du design ou de l’objet et la personne qui les ont créés passent après l’impression qui vous gagne quand vous entrez dans un lieu. Faire en sorte que les choses soient mises en valeur dans une boutique n’est pas décisif. Il est beaucoup plus important que les gens apprécient l’atmosphère qui s’en dégage. Je réfléchis à la manière optimale d’agencer une boutique pour obtenir précisément cet effet. Pour moi, c’est le point essentiel."

La théorie de Katayama fonctionne et en voici la preuve : la boutique s’appelle « Footsoldier », et les baskets y défilent comme des sushis sur une chaîne de montage. Les objets, en l’occurrence de banales tennis, sont relégués au second plan. L’impression globale prend le dessus.
Dans la boutique de T-Shirt « Beams T » Katayama fait tournoyer la marchandise comme dans une laverie. Impossible là encore de contempler les vêtements à loisir. Mais les Japonais n’en sont pas troublés. A Tokyo, de toute façon, l’inconstance fait partie du quotidien.

Masamichi Katayama : "Pour les Japonais, il paraît normal que les choses apparaissent et disparaissent. C’est très difficile à comprendre pour un étranger ou un Européen. C’est une façon très japonaise d’appréhender le monde, peut-être même l’une de nos valeurs que de considérer que le monde et les choses sont en perpétuel changement. Comme rien ne dure, la mutation rapide est perçue comme quelque chose d’intéressant."

Teï Shouwa
Une mutation qui a profité à l’hôtel Claska de Tokyo. Autrefois rien de plus qu’un dortoir pour hommes d’affaires, il compte aujourd’hui parmi les lieux les plus branchés de la ville. L’hôtel s’est d’ailleurs enrichi d’un club. Le DJ amateur et architecte d’intérieur Taï Shouwa en a conçu l’aménagement. Au premier coup d’œil, le hall d’entrée de l’hôtel n’a rien de surprenant. Peu à peu on y découvre la tribune du DJ et d’autres détails étonnants. Au Japon, le design occupe une place importante et les créateurs jouissent d’une grande marge de liberté.

Tei Shuwa : "En même temps, il existe aussi des choses poussées à l’extrême, et Tokyo est peut-être aussi un exemple extrême, parce qu’il y a tout un flux de choses nouvelles, d’informations. Et cette coexistence de l’ancien et du nouveau est très spéciale, et à mon avis spécifiquement japonaise."

Steve Lidbury
Cet heureux mélange d’ancien et de nouveau oscille en plus entre l’Orient et l’Occident. Le « Obi Lounge » incarne une fusion parfaite de design asiatique et de modernisme occidental. L’endroit a été conçu par l’Anglais Steve Lidbury. Il vit à Tokyo depuis trois ans et profite du complexe d’infériorité des Japonais vis-à-vis de l’Occident. Un complexe sans fondement, d’après lui.

Steve Lidbury : "Leur culture, historiquement, a toujours privilégié la forme, qu’il s’agisse des emballages alimentaires ou des cadeaux. Tout est conçu pour être beau. Ce complexe vient de leur ouverture tardive à l’Occident. Ils ont le sentiment d’être en retard alors qu’ils sont en avance."

Les Japonais devraient en prendre conscience. Grâce à leur design, faire du shopping ou aller au restaurant est incontestablement plus agréable à Tokyo que dans les métropoles européennes.
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Liens
>> Masamichi Katayama - Wonderwall - http://www.wonder-wall.com
>> Tei Shuwa - http://www.intentionallies.co.jp/
>> Steve Lidbury - http://www.postnormal.com/

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TRACKS
Un reportage de Schyda Vasseghi
Jeudi 16 septembre 2004 à 23h15
Rediffusion le 18 septembre à 17h45
Rédaction: BR, Kobalt
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Edité le : 14-09-04
Dernière mise à jour le : 15-09-04