Taille du texte: + -
Accueil > Mouvements de cinéma > Actualité Cinéma > Actu cinéma du 8 avril 2009 > Villa Amalia

Actualité Cinéma

Pour ceux qui aiment les macarons… (ou les costumes ou Michelle Pfeiffer)

Actualité Cinéma

Sortie du 8 avril 2009 - 08/04/09

Villa Amalia

Un film de Benoit Jacquot


( note Arte: 4.5 ) "Villa Amalia » est l'une des plus belles réussites de Benoît Jacquot.

  • Entretien avec Isabelle Huppert
  • Entretien avec Benoît Jacquot (partie 1)
  • Entretien avec Benoît Jacquot (partie 2)

Previous videoNext video

Previous imageNext image
Exclusif :
entretien avec Isabelle Huppert
entretien avec Benoît Jacquot (partie 1)
entretien avec Benoît Jacquot (partie 2)

Synopsis : Ann voit une nuit Thomas, l’homme avec lequel elle vit, embrasser une autre. Elle décide de le quitter et de tout quitter : sa vie de musicienne, son appartement, Paris. Sur le départ, elle retrouve Georges, un ami d’enfance. Il est le seul à qui elle confie le secret de sa fuite qu’elle est en train d’organiser consciencieusement.



Villa Amalia
Un film de Benoît Jacquot
(France, 2008, 1h31)
Avec Isabelle Huppert, Jean-Hugues Anglade, Xavier Beauvois…
Critique : Au sommet d’une filmographie de plus de trente films sur trente cinq ans d’une carrière amoureusement centrée sur les femmes (plus particulièrement les actrices), Benoît Jacquot ressentait le besoin de retrouver Isabelle Huppert pour un nouveau film. Le réalisateur confirme volontiers qu’au fil du temps cette dernière est devenue pour lui une sorte de repère indispensable: il lui offre avec « Villa Amalia » l’un de ses plus beaux rôles soutenu par la longue complicité qu’il entretien avec elle depuis « Les Ailes de la colombe » (1981) suivi de « L’Ecole de la chair » (1998), « Pas de scandale » (1999) et « La Fausse suivante » (2000). Après Claude Chabrol, Benoît Jacquot est ainsi le cinéaste qui à le plus tourné avec Isabelle Huppert, une fidélité qui leur permet de partir sur le projet d'un film qu'ils revendiquent avoir conçu sans réelle préméditation, tels des archéologues à la découverte d'un trésor enfoui dont on ne connaît pas exactement l'apparence. Inspiré par cette image de Jean Cocteau (« Notes sur le cinématographe »), le tournage de « Villa Amalia » est ainsi le fruit d'une création intuitive, l'actrice examinant avoir «rarement eu sur un film le sentiment de savoir aussi peu ce que je faisais ou plutôt le faire à mon insu ».

Benoît Jacquot saisit l'opportunité d'une liberté artistique épanouie des résonances qu'il a découvertes dans le roman « Villa Amalia » de Pascal Quignard, écho littéraire qui le conforte dans ses préoccupations de cinéma : captivé à l'idée d'exposer la trajectoire psychologique ou mentale d'un personnage au travers d'un itinéraire géographique comme dans son précédent film « L'Intouchable », le cinéaste prolonge à ce jour de manière encore plus emblématique cette exploration : Ann cherche à disparaître, tout quitter, larguer les amarres pour renaître ailleurs. Avec la conscience d'un documentariste, Jacquot réalise un premier acte haletant où Isabelle Huppert décortique le moindre détail de son évasion, confronté à un homme qu'elle quitte (Xavier Beauvois) et d'un autre qu'elle retrouve (Jean-Hugues Anglade). Après le temps de l'hésitation vient celui de la découverte de nouvelle contrées : un paradis de couleurs (la baie de Naples) aussi réel et beau qu'il évoque la tromperie des apparences, celles-ci juxtaposées à une mise en lumières de facettes insoupçonnées d'Ann.

Mais surtout au delà du fantasme universel (qui n'a pas rêvé de disparaître un jour?) que le film évoque, il bouleverse le spectateur d'une musique (omniprésente et subtilement utilisée par ailleurs )qui s'insinue sans même que l'on ne comprenne vraiment son origine. Cette émotion et cette étrangeté diffuse confine à une sorte d' envoûtement. Jean Cocteau déclarait: « Je ne crois pas à ce terme à la mode : l'évasion. Je crois qu'au lieu de s'évader par une oeuvre, on est envahi par elle. Ce qui est beau, c'est d'être envahi, habité, inquiété, obsédé, dérangé par une oeuvre. ». En ce sens « Villa Amalia » est l'une des plus belles réussites de Benoît Jacquot.

Olivier Bombarda

Edité le : 06-04-09
Dernière mise à jour le : 08-04-09