Le réalisateur Fay sam Ang est l’un des secrétaires d’état du ministre de la culture. Au Cambodge l'art est sous le contrôle du pouvoir politique depuis plus de 30 ans.Le 17 avril 1975, les Khmers rouges et leur leader Pol Pot entrent dans Phnom Penh et s'emparent du pouvoir. D'inspiration maoïste, le régime veut établir un ordre nouveau, la propagande culturelle est un moyen d'y parvenir. Toute culture étrangère est bannie, les cinémas sont détruits. Le pouvoir khmer bascule dans l'horreur, le génocide fera 2 millions de morts.
La guerre qui ravage le Cambodge s'apaise enfin en 98 avec les premières élections démocratiques depuis 30 ans. Le pouvoir échoue aux mains d'un ancien khmer rouge repenti, Hun Sen. Dans le pays sinistré, le cinéma cambodgien est rayé de la carte. Phnom Penh est submergé de films thaïs diffusés sur les chaînes câblées. Dans les années 90, il ne reste plus qu'une seule salle de cinéma ouverte dans la capitale.
En 2002, le président Hun Sen exploite les propos d'une jeune actrice thaïlandaise Suwanna Konying. Elle aurait accusé les Cambodgiens d’avoir volé les temples d’Angkor à la Thaïlande. Jouant sur la rivalité historique qui oppose les deux pays, Hun Sen réagit violemment à ses déclarations et déclenche de violentes émeutes nationalistes. L’ambassade de Thaïlande est brûlé. Un boycott anti-thaï se met en place interdisant notamment la diffusion de film thaïlandais à la télévision. C'est dans ce contexte que le cinéma cambodgien renaît de ses cendres.
Le nouveau pouvoir a gardé ses mauvaises habitudes. Pour les réalisateurs, impossible de parler de la tragédie du génocide, de politique nationale ni de réalité sociale tous les scénarios doivent être déposés au département du cinéma et le ministère de la culture avant le tournage. Dans les dossiers de productions, les autorisations gouvernementales prennent autant de pages que le scénario. La solution pour passer au travers des mailles du filet c'est le fantastique, un cinéma de plus en plus gore et spectaculaire qui lui, ne subit aucune censure. En deux ans, 20 salles de cinéma ont ouvert à Pnom Phem. Et c'est souvent en dessous d'elles que les réalisateurs cambodgiens installent leur studio. Les techniciens logent sur place et on pose son bureau où on peut comme pour ce story boarder qui vit ici jour et nuit. Salle de mixage, atelier de production, tout est concentré au même endroit. Le tournage en DV permet les effets spéciaux pour un budget moyen de 30 000$. Les films sont projetés en salle à partir de CD gravés qui sont ensuite commercialisés.
Hung Soksa - réalisateur : "J’ai appris à réaliser avec la télévision et en regardant les gens faire. La télé était mon professeur car ici il n’y a pas d’école."
Le renouveau du cinéma khmer est en marche et commence déjà à percer le marché asiatique, demain le monde? Ca fait peur…
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TRACKS
Un reportage de Dimitri Darul
Jeudi 26 mai 2005 à 23h05
Rediffusion le samedi 28 mai à 17h50
Rédaction: ARTE France, Program33
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