Le nouveau théâtre de ces élucubrations sur pellicule, c’est Oslo, qui a vu naître il y a moins de 10 ans les premiers films urbains made in Norway. En 97, Pal Sletaune réalise son premier long métrage, "Junk Mail". Les trottoirs des différents quartiers d'Oslo deviennent alors les scènes d’un road movie caustique. Humour noir pour idées noires: dans le film de Sletaune, les personnages ont quelques petits problêmes de communication.Pal Sletaune : "C’est un film avant tout sur la solitude, comme beaucoup de films scandinaves. On a en commun le même sens de l’humour, très noir et très triste, mais où il y a toujours une petite pointe d’espoir."
Le cinéma norvégien compte aujourd'hui une quarantaine de films réalisés chaque année. Une explosion qui n’a commencé qu’en 2001. Avec un public de 5 millions de spectateurs potentiels, les films norvégiens concurrencent désormais les blockbusters étrangers dans les trois cinémas d’Oslo.
Trait commun de ces nouveaux réalisateurs: ils explosent les règles de ce cinéma venu du froid, longtemps cantonné au pamphlet politique. La plupart ont été formés à l’étranger. Ils ont fait leurs premières armes à la télé, dans le clip ou la pub. Leur modèle : des collectifs comme les redoutables suédois de Traktor, à l'humour absurde et…fracassant.
La première à avoir rompu avec l'austère tradition norvégienne, c’est la bondissante Anja Breien. Après avoir étudié le cinéma à Paris dans la même promotion que Jean-Jacques Annaud et Théo Angelopoulos, cette fan de Truffaut et Godard revient en Norvège. En 75, elle réalise le premier volet d’une trilogie, "Epouses", ou les tribulations de trois femmes qui quittent leurs foyers sur un coup de tête. Succès immédiat : ce film inspiré du "Husbands" de Casavettes jette les bases du dogme avant Lars Von Trier. Dans la brèche ouverte par Anja Breien s’engouffrent des cinéastes désireux de mettre le doigt sur les paradoxes d’un pays qui, après s’être enrichi subitement au début des années 70 en découvrant des gisements de pétrole, est entré violemment dans la modernité. Le film culte de cette nouvelle vague, c’est "Kitchen Stories", où on tente d'optimiser les tâches ménagères.
En 2002, un film collectif a réuni huit réalisateurs. " La plupart des gens vivent en Chine" rassemble huit courts métrages sur les partis politiques norvégiens, avec comme point commun l'emblème de cette nouvelle puissance pétrolière: la station-service.
Extraits des films
"Most people live in China"
"Junk Mail"– Pal Sletaune
"Wives" – Anja Breien
"Kitchen Stories" – Bent Hammer
Liens
>> "Most people live in China"
>> "Junk Mail"– Pal Sletaune présenté à la Mostra
>> "Kitchen Stories" – Bent Hammer
>> Anja Breien - Sa biographie en français
>> Les réalisateurs norvégiens
>> Le collectif Traktor
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TRACKS
Jeudi 02 décembre 2004 à 23h20
Samedi 04 décembre 2004 à 17h45
Rédaction: ARTE France, Program 33
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