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2006.09.07 - 23.05 : tracks - 11/09/06

Vision - Le cinéma pachtoun

Sexe, violence et talibans. Le cinéma pachtoun est l'un des secrets les mieux gardés du Pakistan. Son repaire : la zone tribale au Nord-Ouest du pays, le long de la frontière afghane. C'est là que règnent les indomptables guerriers pachtounes et les talibans. C'est dans ce Far-West moyen-oriental que prospère l'un des cinéma les plus bizarres au monde.

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Star incontestée du cinéma patchoun depuis 15 ans : Shahid Khan. Il joue dans 80% des films. Ses moustaches qu'il change à chaque film sont aussi célèbres que ses rôles de redresseur de tort.

Shahid Khan : "Les films Pachtouns reflètent notre culture et les gens les aiment parce qu’ils sont réalistes. Les spectateurs s’attendent à ce qu’il y ait toujours deux, trois points récurrents dans chaque film, ils veulent que l’on soit contre la dictature des notables et des grands propriétaires terriens."

Le cinema pachtoun est exclusivement réservé aux 50 millions de pachtounes qui vivent à l'heure féodale. Dans cette zone de non-droit insoumise et incontrolable, le pouvoir central pakistanais se heurte aux seigneurs de la guerre. Les alliances politiques instables permettent tous les trafics. Dans le début des années 80, en pleine guerre froide, les services secrets pakistanais et la CIA ont armé ces hommes jusqu'aux dents pour mener le Jihad contre les soviétiques en Afghanistan. Mais depuis le 11 septembre le vent a tourné. Pour la première fois de son histoire, les troupes pakistanaises pénètrent dans ce dédale montagneux où se cacherait l'homme le plus recherché au Monde, Oussama Ben Laden!
Si la plupart des films pachtouns sont tournés là-bas c’est à Lahore, rebaptisée Lollywood, capitale du cinéma pakistanais, qu’ils sont produits. Le cinéma pakistanais est sinistré, écrasé par la télévision, les vidéos pirates et son tout-puissant voisin : Bollywood. Cette crise ne touche pas le cinéma pachtoune. Car dans la zone tribale, le pachtoune préfère voir des films dans sa propre langue et reste fidèle à ses héros… Chaque année, près de 25 films sont produits par quelques familles qui tiennent le business. Dans ce cinéma, on ose l'inimaginable au pays des talibans : érotisme, homosexualité féminine, clin d'œil aux productions hollywoodiennes...

Comment est-ce possible?
Depuis 2002, une coalition de partis islamistes dirige la province pachtoune. Elle y impose la charia des talibans : le visage des femmes doit disparaître, la musique est interdite dans les lieux publics et la chasse à l'occident est ouverte. Devant cette répression, les cinémas baissent un temps le rideau de fer. Réouverts depuis, ils trainent une réputation sulfureuse : seuls osent s'y aventurer les hommes. Ils sont conducteurs de rickshaws, ouvriers ou petits vendeurs… célibataires le plus souvent. Dans ce contexte extrême, le passage des films pachtouns à travers la commission de censure tient du miracle.

Zia Ud Din, responsable du bureau central de censure des films : "Si vous appliquez ce qui est requis par le code de la censure, alors, vous ne pouvez autoriser aucun film, et vous ne pouvez délivrer aucun certificat de diffusion, mais, bon, nous devons bien prendre en compte l’investissement qui est fait au quotidien dans l’industrie du cinéma pakistanais."

Loin des talibans, ces films font sourire. A Islamabad, la capitale du Pakistan, Omar Khan qui a vécu un temps à Londres a dédié son café, "le Hot Spot", au kitchissime cinéma pachtoun. Il en connaît tous les secrets.

Omar, propriétaire du Hot Spot, et fan de cinéma : "La province nord-ouest, qui est considérée comme la région la plus pieuse, la plus religieuse du pays, est un endroit où il y a une vieille tradition de films qui montrent des pornos occidentaux. Dans ces cinémas, où il n’y a que des hommes, ils commencent à projeter le film local, et après 15, 20 minutes, ils passent à du porno allemand, danois ou hollandais, du vrai porno harcore, puis ils reviennent au film local!"
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A voir dans le reportage
Le réalisateur Jalil Khan
L'actrice et réalisatrice Shahnaz
Des extraits des films "Adam Khor" (The Man Eater), «Halaku Khan», "Lourd Balaa" (The Witch), "Da Khwar Lasme Spogmay" (The Cat-Beast)

Liens
>> Une page très fournie sur le film d'horreur en Inde et au Pakistan (en allemand)
>> Lollywood sur Wikipedia
>> Liste de séquences censurées
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TRACKS
Jeudi 07 septembre 2006 à 23h05
Rediffusion le mardi 12.09 à 01h25
Rédaction : Program 33
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Edité le : 06-09-06
Dernière mise à jour le : 11-09-06