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Tracks fait le tour des sons et des cultures qui dépassent les bornes, tous les samedis à partir de 23h.

> Emission du 17 octobre 2003 > Visions - Street Art

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Tracks fait le tour des sons et des cultures qui dépassent les bornes, tous les samedis à partir de 23h.

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15/10/03

Visions - Street Art

Diffusion le vendredi 17 octobre 2003 à 19h00
Rédaction: SWR, Kobalt

Visions - Street Art
Berlin, dans le quartier de Kreuzberg. 4 000 visiteurs assistent à l‘inauguration de l‘exposition “Backjumps, The Live Issue“. On peut y admirer les œuvres des meilleurs créateurs de street art. Pendant six semaines, plus de 35 artistes internationaux, comme Banksy, Obey, WK Interact et Lokiss présenteront leurs travaux. Du poster à la craie, l‘exposition nous montre tout ce qui a trait à l‘art de la rue. But de la manœuvre : imposer les graffiti comme un art à part entière et le débarrasser des préjugés.

* Adrian Nabi l'organisateur de la manifestation
L‘exposition a été lancée par Adrian Nabi. Selon sa vision, la rue sera une composante incontournable dans le paysage des musées d‘ici 20 à 30 ans. Pour beaucoup de créatifs, les labyrinthes de béton et les sinistres ensembles de bureaux apparaissent comme une véritable incitation à l‘embellissement illégal.
Parallèlement, un véritable mouvement street art, légal celui-là, est en train de s‘établir. Du tag, au collage, en passant par la peinture, le graffiti sort progressivement de l‘anonymat des banlieues, erigé en contre-culture à la publicité par de nombreux artistes. Le graffiti est désormais un art à part entière, sans règles figées, qui intègre aussi bien les visions d‘apocalypse que les simples slogans, humoristiques ou contestataires. Du coup, même le grand public s‘intéresse à l‘art de la rue et ça, c‘est nouveau.
En marge de leur expo, les organisateurs de Backjumps proposent des balades urbaines avec certains artistes. C‘est l‘occasion de s‘essayer au graffiti à la craie ce qui est tout à fait légal.

* Swoon de New York
L‘une des artistes en question s‘appelle Swoon et elle vient de New York. Elle a découvert l‘univers de la rue, il y a quatre ans. Ses créations sont des objets de la taille d‘un être humain et leur but est d‘égayer la grisaille du paysage urbain. Swoon, ex-étudiante en art, apprécie le street-art qui, contrairement aux galeries traditionnelles, lui offre des possibilités d‘expression quasiment illimités.

* Banksy de Londres
Banksy est anglais et il est l‘un des taggers les plus connus du moment. Ses pochoirs, à l‘ironie sarcastique, constituent une critique en règle contre ce monde qui ne tourne pas rond. La cupidité, la corruption, la folie de la consommation sont les thèmes récurrents de ses œuvres. Banksy, c‘est la valeur montante, mais vous ne le verrez pas, car il déteste les caméras.

* Obey de Los Angeles
„Le medium est le message“. C‘est sur la base de ce slogan que Obey a commencé, il y a 15 ans de cela, à placarder des autocollants sur les murs. Obey, dont le nom signifie “obéis“, en anglais, est devenu la figure emblématique de tout le milieu. Aujourd‘hui, ses pochoirs, ses autocollants et ses posters sont connus dans le monde entier. Malheureusement, Obey n‘a pas résisté aux appels de phare de la fortune : il a récemment vendu son logo à une marque de limonade.

Obey: "J’ai eu de la chance, ils auraient pu simplement me le voler, ça arrive tout le temps. On expose son travail, on l’installe dans un lieu passant. C’est ainsi qu’on communique, les gens réagissent. Mais ils s’en foutent, ils n’ont aucune morale. Ils vont l’arracher pour le vendre et il faut choisir : soit on se fait voler son travail par un autre ou bien on le vend pour financer un truc encore plus grand."

Il y a 20 ans, les premiers graffeurs new-yorkais ne s‘embarrassaient pas de conceptions aussi commerciales. Ils vivaient au rythme du hiphop et revendiquaient simplement le respect de leur art et le droit de s‘éclater. Le film „Style Wars“, tourné en 1982, témoigne parfaitement de cette époque et il a été projeté lors de Backjumps.

* Akim et Zast de Berlin
Akim et Zast, deux artistes berlinois, se reconnaissent dans cette tradition old-school. Ils travaillent exclusivement à base de pictogrammes épurés, refusant tout compromis et toute surenchère figurative. Au début des années 90, ils ont commencé à sillonner les rues de Berlin et à laisser leurs signatures un peu partout. Aujourd‘hui, ils organisent des „battles“, rigoureusement légales, au cours desquelles, les artistes s‘affrontent en plusieurs disciplines. Akim et de Zast rêvent du jour où les graffitis, aujourd‘hui décriés, auront la même valeur qu‘un tableau de Manet. Mais la route est longue.

Une chose est sûre : le tourisme du graffiti a commencé. Les graffeurs nocturnes, régulièrement traqués par la police, sont les nouvelles stars de ce milieu.

Liens
"Backjumps - The Live Issue" a eu lieu à Berlin du 22 août au 05 octobre 2003
> Le programme de la manifestation
> Des images
> ainsi que
> Informations générales http://www.graffiti.org/
> Adrian Nabi - une interview (en allemand)

> Banksy - http://www.banksy.co.uk
> Obey - http://www.obeygiant.com
> Swoon - http://www.toyshopcollective.com

Edité le : 27-05-04
Dernière mise à jour le : 15-10-03