"Ehmedo" d'Orient Expressions
"Your languished gaze on that couch" de Baba Zula
"Ha babam" de Sultan TuncDans les clubs d’Istanbul, poussent des sons électro fusionnés avec le folklore turc, et le public se bouscule aux concerts.
Can Utkan / Orient Expressions : "La Hollande, l’Allemagne et Vienne abritent d’importantes communautés turques et grâce à elles, la musique orientale commence à être connue sur la scène musicale occidentale."Baba Zula représente la nouvelle avant-garde orientale. Il repasse la folk turque à la moulinette de son sampler. Les sonorités du Bosphore prennent un sérieux coup de jeune.
Sultan Tunc : "Je me vois comme quelqu’un de cosmopolite. Je me sens chez moi partout. Quand je suis en Turquie, je me sens plus allemand. Ici, en Allemagne, je ne dirais pas que c’est important d’être turc, mais c’est quand même en turc que je parviens le mieux à exprimer mes idées dans un texte. Et c’est pour ça que je le fais en turc."
Sultan Tunc est un « Deutschländer – un Turc d’Allemagne », c’est le sobriquet donné aux Turcs allemands sur les rives du Bosphore. Avec du hip hop sans concession, il démarre une carrière qui promet. Il est à l’image de la deuxième génération des immigrés qui redécouvre le pays de leurs ancêtres.
Istanbul, melting-pot de cultures et de styles de vie divers et variés, compte 15 millions d’habitants. Dans la rue, les intégristes musulmans côtoient des femmes en minijupe. La première mégapole turque est une ville pleine de contrastes. Istanbul compte aujourd’hui plus d’étrangers qu’auparavant. La société turque apprend à s’ouvrir aux cultures venues d’ailleurs. Un processus que l’on constate à tous les niveaux.
Sultan Tunc : "La première génération, elle ne venait en Allemagne que pour bosser. La deuxième, c’était pratiquement pareil. Par contre, elle ne savait plus si sa place était en Turquie ou en Allemagne. Notre génération sait très bien ce qu’elle veut. Sa place est en Turquie et c’est une génération qui veut faire quelque chose."
Pour ça, il faut bénéficier de la liberté d’expression. La censure musicale n’est plus autant appliquée mais toutes les musique ne sont pas pour autant autorisées. Les textes trop politiques ou trop sexuels sont généralement mis à l’index. Baba Zula aime parler de sexe. Il contourne la censure en écrivant une chanson dans laquelle il délire sur la sexualité des chats…
Murat Ertel / Baba Zula : "Le problème de la Turquie, c’est qu’il y a sept mille personnes en prison pour délit d’opinion. Ils n’ont fait qu’exprimer leurs idées et on les a jetés en prison pour ça. C’est un problème qu’il va falloir régler. Il y a des progrès mais il reste beaucoup à faire."
Comme autrefois en Allemagne et en France, c’est la musique pop qui ouvre la voie au libéralisme culturel et politique. Et en Turquie comme ailleurs, c’est une évolution et non une révolution.
A voir dans le reportage
Baba Zula
Orient Expressions
Sultan Tuc
Albums
"Divan" d'Orient Expressions chez Doublemoon
"Psychobelly dance music" de Baba Zula chez Doublemoon
"Saygi Deger Sarkilar" de Sutan Tunc
En écoute
"Ehmedo" d'Orient Expressions
"Your languished gaze on that couch" de Baba Zula
"Ha babam" de Sultan TuncVidéo
Extrait du reportage "Turkish Touch" diffusé dans tracks le 20 septembre 2002
Le reportage en version texte.............................................
TRACKS
Jeudi 09 décembre 2004 à 23h35
Samedi 11 décembre 2004 à 17h45
Rédaction: ZDF, MME
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