Cinéma sur ARTE - 01/02/12
Vivement dimanche !
Film de François Truffaut (France, 1983, 1h46mn, noir et blanc)
Avec : Fanny Ardant (Barbara Becker), Jean-Louis Trintignant (Julien Vercel), Philippe Laudenbach (Me Clément), Caroline Sihol (Marie-Christine Vercel), Jean-Pierre Kalfon (Jacques Massoulier)
Scénario : François Truffaut, Suzanne Schiffman, Jean Aurel, d’après le roman de Charles Williams The long saturday night, Image : Nestor Almendros, Musique : Georges Delerue, Montage : Martine Barraqué, Production : Les Films du Carrosse
Persuadée que son patron est innocent des meurtres dont on l'accuse, une secrétaire mène l'enquête. Le dernier film de Truffaut est une brillante comédie policière servie par Fanny Ardant et Jean-Louis Trintignant en grande forme.
Claude Massoulier est assassiné au cours d'une partie de chasse. Aussitôt, Julien Vercel est soupçonné par les enquêteurs : sa femme, Marie-Christine, était la maîtresse de la victime. Lorsque Marie-Christine est tuée à son tour, Julien feint de s'envoler pour l'étranger et se cache dans son agence immobilière. Sa secrétaire, Barbara Becker, convaincue de son innocence, se lance dans une minutieuse enquête...
Pour son vingt-et-unième et dernier long métrage, Truffaut revient au noir et blanc, rendant ainsi hommage aux films noirs qui ont bercé son adolescence. Mais Vivement dimanche ! est bien plus qu'un film référentiel. Du genre, il garde le climat de mystère, la fascination des ombres, l'érotisme diffus, le rythme haletant du suspense. Mais le sang et les cadavres ne sont que prétextes à des situations fantaisistes et à des dialogues particulièrement drôles. Car, pour une fois, c'est une femme qui mène l'enquête. Grâce à Truffaut, Fanny Ardant quitte ses emplois de personnages tragiques et névrosés pour incarner celui d'une secrétaire fonceuse et dégourdie. Au milieu d'une collection d'hommes égarés, son personnage fait merveille. Sous le trench-coat emprunté aux "privés", sans fausse pudeur et sans faux cils, elle est la femme sauvage, la femme naturelle, la femme brune qui renvoie au néant les vamps fatales et platinées des films de gangsters. Jean-Louis Trintignant et elle donnent à leurs personnages un accent de vérité qui surprend dans ce climat de fantaisie, conférant au film une légère saveur de perversion. Rien de plus troublant, en effet, que de s'apercevoir que les cadavres ne sont pas seulement des mannequins bourrés de son et qu'il y a parfois un vrai désarroi derrière la légèreté.
Vivement dimanche !
mercredi, 15 février 2012 à 14:35
Pas de rediffusion
(France, 1983, 106mn)
ARTE F
Edité le : 01-02-12
Dernière mise à jour le : 01-02-12