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Cannes 2006 - Compétition officielle - 17/09/08

Volver

Un Film de Pedro Almodóvar


Un film en tous points rayonnant.
Consultez nos étoiles

(Espagne, 2006, 2 h 01 )
avec Penélope Cruz, Carmen Maura, Lola Dueñas…

Synopsis : La très belle Raimunda vit à Mardrid avec sa fille et un mari au chômage. Du fait de sa situation, Raimunda cumule plusieurs petits boulots. Sa sœur Sole, plus âgée et plus effacée, est restée dans le village de la Mancha, le berceau familial, pas loin de la maison de leur vieille tante Paula. Au moment où cette dernière décède, Raimunda ne peut se rendre à l’enterrement : elle vient de découvrir le corps de son mari à terre dans la cuisine avec un couteau dans le ventre. Sa fille lui avoue qu’elle a dû se défendre pour éviter le viol…

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Pedro Almodovar
Penelope Cruz
Carmen Maura

Critique : Si « Volver » signe le retour d’Almodovar à Cannes en compétition, ce sont avant tout les retrouvailles du cinéaste avec deux actrices de sa famille de cinéma qui donne un caractère emblématique au titre de son dernier film : Pénélope Cruz ainsi avait déjà tourné avec le cinéaste espagnol « En Chair et en Os » (1997) et « Tout sur ma mère » (1999). Carmen Maura quant à elle compte près de huit films avec Almodovar (dont le célèbre « femmes au bord de la crise de nerfs (1988) et après huit années de brouille, l’une des plus formidables actrices est de retour.

Plus encore que d’habitude, Almodovar se concentre sur les personnages féminins de « Volver » en excluant presque toute présence masculine. Pénélope Cruz est la bombe aux formes avantageuses dont le cinéaste joue avec délice, caméra plongeante dans son décolleté ou à hauteur de popotin. Hymne à la sensualité « Volver » au travers de la Cruz vise à réincarner le mythe de la splendeur d’une Sophia Loren, parfois les œillades attendrissantes d’une Audrey Hepburn et beaucoup l’énergie débordante d’une Ana Magnani, citée dans le film par un extrait de « Mama Roma ». Pénélope Cruz dopée de tous ses avantages naturels est sublime de bout en bout, manie les dialogues avec entrain et livre des torrents d’émotion. Face à elle, Almodovar prépare avec précaution le retour de Carmen Maura. Elle incarne la mère de Raimunda, morte dans un mystérieux incendie mais qui réapparaît sous forme de fantôme. L’irréalité de la situation est le prétexte choisi par le réalisateur pour ficeler une comédie joyeusement saugrenue. Carmen Maura même grimée sous l’aspect peu flatteur d’une petite mamie négligée donne lieu à un numéro charmant et enthousiasmant. Enfin toutes les composantes du style Almodovar sont là, notamment cette esthétique colorée qui joue des coudes avec des chansons populaires très entraînantes, sans que jamais le cinéaste ne s’égare : de ces exigences toujours bariolées, il gagne paradoxalement en simplicité pour un film en tous points rayonnant.

Olivier Bombarda

Edité le : 18-05-06
Dernière mise à jour le : 17-09-08