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Freedom

Cent soixante ans après l’abolition de l’esclavage par la France, et alors que l’Amérique se demande si son prochain président sera noir, ARTE retrace le combat des Afro-Américains pour l’émancipation, et au passage, tend un miroir au passé esclavagiste et colonial de la France.

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Cent soixante ans après l’abolition de l’esclavage par la France, et alors que l’Amérique se demande si son prochain président sera noir, ARTE retrace le (...)

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Mardi 17 juin 2008 à 22h20, multidiffusion le 19 juin à 3h00 - 16/06/08

Wattstax

“I am… somebody!” Poing levé, une foule euphorique de plus de cent mille personnes, presque exclusivement noire, reprend en choeur le discours du jeune révérend Jesse Jackson, dressé sur la scène, et fait vibrer l’immense stade du Coliseum, à Los Angeles. Comme pour proclamer une fois encore “Black is beautiful”, le slogan phare de la décennie écoulée, la caméra caresse les visages radieux, détaillant afros géants et couleurs électriques, fashion victims des deux sexes en shorts à paillettes et costumes moulants, tresses enrubannées des petites filles, chapeaux extravagants des dames.
© Everett Collection
Nous sommes le 20 août 1972 : sous l’égide du label Stax, roi de la deep soul, et de sa plus grande star Isaac Hayes, s’ouvre un concert d’anthologie, à la fois acte militant et gigantesque fête populaire, qui restera dans les annales comme le Woodstock de la communauté afro-américaine : six heures de musique, de danse et d’euphorie collective, destinées à commémorer les sanglantes émeutes de Watts, qui ont eu lieu sept ans plus tôt, et à célébrer, avec le Black Power, l’esprit de résistance et la vitalité de la culture noire. Outre l’étoile incontestée Isaac Hayes, toutes les stars du label, comme Rufus Thomas, les Staple Singers, Albert Kint, the Barkays, Little Milton, ont accepté de chanter gratuitement.

Extatique
Chargé d’immortaliser l’événement, le réalisateur (blanc) Mel Stuart a choisi de mêler aux séquences extatiques du concert un aperçu de la réalité de Watts, en promenant caméra et micros dans le quartier ; avec, en guise de choeur antique, les commentaires acerbes du comédien Richard Pryor. Trente-cinq après, son film, bercé par les tubes enivrants qui se sont succédé sur la pelouse du Coliseum, fait revivre ce moment de l’histoire américaine où la lutte pour les droits civiques avait mené les Noirs à la reconquête d’une fierté communautaire, avant que bien des rêves ne s’enlisent. Du cinéaste Melvin Van Peebles aux extraordinaires prestations de Rufus Thomas et Isaac Hayes, du discours inaugural de Jesse Jackson (un proche de Martin Luther King, assassiné trois ans plus tôt) aux récits des habitants de Watts, il ressuscite aussi, pour notre plus grand plaisir, une culture populaire incarnée de manière incroyablement tonique par la musique, le langage, le look et l’humour.


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Wattstax
Documentaire de Mel Stuart
Production : Stax Records, Wolper Production
ARTE France, États-Unis, 1973, 1h43mn
Multidiffusion le 19 juin à 3h00

Edité le : 27-05-08
Dernière mise à jour le : 16-06-08


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