Donner la parole aux Afghans, c’est essayer d’entendre une autre voix que la nôtre. Depuis dix ans, les équipes d'ARTE Reportage se sont rendues au moins deux fois par an en Afghanistan pour témoigner de la situation sur place. Il y a été question du départ des Talibans, du sort des femmes, des premières élections, du retour de la violence... Bref : de notre regard sur l’actualité.
Mais trop rarement, parce que la télévision est ainsi faite, ne transparaissait ce que les reporters racontent au retour de leurs missions. Là, il ne s’agit plus de politique ou de stratégie militaire, mais de la vie quotidienne des habitants, des changements plus ou moins visibles dans les villes et villages du pays, de la teneur des discussions avec les chauffeurs de taxi, gérants d’hôtels et tous les Afghans rencontrés au détour de ces tournages
Donner la parole aux Afghans, c’est un peu retrouver cette dimension humaine. Qui mieux que les Afghans eux-mêmes peuvent nous décrire leur quotidien dans l’Afghanistan de 2011 ? Ont-ils envie de nous parler de la présence étrangère ou de la pénurie d’eau, évoquer le sort de la femme dans la société ou la corruption ? Avec l'agence Webistan, nous avons déniché dix jeunes réalisateurs afghans qui, sans directives de notre part, ont réalisé les films de leur choix.
La parole aux Afghans, nous avons aussi voulu que ce soit celle de ces milliers de réfugiés. Ceux qui ont fui leur pays tout au long de ces années pour aller refaire leur vie en Europe, au Brésil, en Inde, en Chine, en Russie ou en Iran. Des mots de la diaspora qui nous racontent un autre Afghanistan. Un pays de rêve, de cauchemar parfois, mais toujours leur pays.
La parole aux Afghans c’est enfin, le regard du cinéaste Barmak Akram, qui est retourné, pour nous, dans son pays natal et qui nous le raconte avec son âme d’artiste. C’est aussi le regard du photographe Reza, le plus Afghan des Iraniens, qui revient dans une série de films intimistes sur son travail photo et vidéo de plus de vingt ans en Afghanistan.
L’autre principe de ce web-doc, c’est le croisement des points de vue : des experts du monde entiers qui répondent aux mêmes questions. Un expert chinois, russe, américain ou indien n’a pas la même analyse sur le conflit, ses sources, son dénouement. A l’internaute de se faire son opinion, loin de l'eurocentrisme trop souvent de mise dans les médias.
Croiser les points de vue, c’est, dans la même optique montrer le travail de dix photographes et caricaturistes du monde entier, pour se rendre compte là aussi que la couverture médiatique d’un conflit varie beaucoup de l’un à l’autre.
"Afghanistan, 10 ans, 100 regards", c’est tout cela et bien d’autres choses encore, une plate-forme que nous espérons ouverte et évolutive grâce à la participation des internautes.
La bande-annonce







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