Windtalkers, les messagers du vent (Windtalkers) de John Woo (2001).Sc : John Rice, Joe Batteer.Prod : John Woo, Terence Chang, Tracie Graham, Alison R. Rosenzweig.Int : Nicolas Cage, Adam Beach, Christian Slater.Durée : 2h14.Durant la Seconde Guerre Mondiale, l’armée américaine se sert d’un code indéchiffrable par l’ennemi japonais : le langage Navajo. Des Indiens Navajos, appelés « code talkers », protégés par des soldats, sont chargés de transmettre des messages codés aux différentes bases américaines situées dans le Pacifique.
Pour ce film qui a le mérité d’évoquer un épisode totalement méconnu de la Seconde Guerre Mondiale,
John Woo bénéficia de la pleine coopération des forces armées. Une collaboration qu’il obtint en échange de « quelques concessions ».
Principalement, deux scènes avaient retenu l’attention du Pentagone. Dans la première, l’ange-gardien d’un « code talker » se voyait ordonner d’exécuter son protégé en cas d’éventuelle capture. Le terme « exécuter » étant jugé trop choquant, il du être remplacé par une expression un peu moins explicite : « empêcher par tous les moyens que le code tombe entre les mains de l’ennemi ». Il ne s’agit que d’un détail ; la très grande majorité du public comprend parfaitement le sous-entendu.
La seconde scène, en revanche, fut tout simplement censurée. Elle décrivait un soldat, surnommé « le dentiste », arrachant à l’aide d’une baïonnette les dents en or d’un cadavre de soldat japonais. Pour le Pentagone un tel acte barbare - même si des images d’archives témoignent que ce type de comportements ont bien eu lieu – était tout simplement inacceptable. Les scénaristes furent donc obligés d’éliminer le personnage et la scène en question. Lorsqu’il s’agit d’obtenir une aide substantielle des forces armées, une vérité historique n’est pas toujours bonne à dire…
A noter que cet épisode « problématique » figure, en revanche, dans un autre film sur la Guerre du Pacifique,
La Ligne rouge (
The Thin Red Line) où l’on voit clairement un soldat américain extirpant les dents en or des soldats ennemis après une bataille. Mais, faut-il le préciser, le film de
Terrence Malick a été réalisé sans l’aide du Pentagone.