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Cannes 2008

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Festival de Cannes 2008 - Un Certain regard - 21/08/08

Wolke 9

Un film de Andreas Dresen


Avec « Wolke 9 », Andreas Dresen poursuit l'expérience initiée avec « Halbe Treppe »: en s'appuyant sur une toute petite équipe, il nous raconte une histoire d'amour exceptionnelle.

Synopsis: Inge (Ursula Werner) est mariée depuis trente ans à Werner (Horst Rehberg). Leur vie de couple vieillissant semble suivre sereinement son cours, jusqu'au jour où elle tombe follement amoureuse de Karl (Horst Westphal), âgé de 76 ans.

ARTE Culture ! s'entretient avec Ursula Werner et Andreas Dresen
Le trailer du film
(Windows Media Vidéo)


Critique: Au bout de cinq minutes déjà, Andreas Dresen a réussi, avec beaucoup de finesse et de sérénité, à briser un tabou tenace en nous montrant les relations sexuelles d'un couple de plus de 70 ans, sans le moindre filtre et sans le moindre artifice, juste de la peau ridée en gros plan. Des images telles que la télévision ou la publicité n'en montrent jamais. Certainement parce que l'on ne reconnaît plus aux gens du troisième voire du quatrième âge la possibilité d'avoir une vie amoureuse et une sexualité passionnées. Et quand c'est le cas, alors uniquement sous une forme transfigurée et édulcorée. On se réjouit qu' un metteur en scène soit enfin parvenu à faire reculer un peu en nous la peur de la vieillesse et de ce qu'elle implique.

« Wolke 9 » nous montre ce que nous pourrions savoir depuis longtemps si nous nous y intéressions plus, à savoir que la pression de l'amour et notre dépendance vis-à-vis de nos sentiments ne cessent pas juste parce que l'on vieillit. Et il en va de même pour le désir. Ce qui change, en revanche, c'est la portée d'une rupture lorsqu'on a vécu si longtemps ensemble. Ce drame amoureux oscille ainsi entre la conviction que l'amour et la souffrance sont indissociables et la certitude que notre fin est inéluctable. Dresen nous montre comment l'amour frais et naïf de sa protagoniste finit par induire des choix tragiques. Et il faut reconnaître que Inge ne se facilite pas la tâche: avec tendresse et affection, elle compare les mérites respectifs de chacun des deux hommes et défend les manies et les hobbies de chacun des deux. Finalement, en ayant pleinement conscience de la portée de sa décision, elle quitte son mari pour recommencer sa vie.

Comme pour son film précédent, Andreas Dresen a tourné son film avec une petite équipe de sept personnes et seulement trois acteurs principaux. Sa méthode, consistant à ne travailler qu'à partir d'une esquisse de storyboard et à improviser les dialogues juste avant ou pendant les prises de vue, s'est encore affinée sur ce tournage. Les trente premières minutes du film – il s'agit là de l'évolution la plus marquante du travail de Dresen – sont quasi muettes. La caméra inhabituellement calme et discrète laisse au spectateur le loisir d'analyser par lui-même ce qu'il voit et de le confronter à ses propres expériences et sentiments. « Wolke 9 » est l'oeuvre à la fois la plus minimaliste et la plus radicale de Dresen.

Martin Rosefeldt
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Wolke 9
Un film de / Andreas Dresen
(Allemagne, 2008, 98 min.)
avec : Ursula Werner, Horst Rehberg, Horst Westphal
Un Certain regard
Coproduktion ARTE

Edité le : 16-05-08
Dernière mise à jour le : 21-08-08