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La formation d’un musicien arabe se fait sur l’oud. Le jeu instrumental, le chant, le rythme, la théorie de la musique et les modes orientaux sont au programme de l’enseignement traditionnel. Dans la civilisation orientale, le luth à manche court, dont l’existence remonte au deuxième millénaire avant J.-C., fait donc le lien entre la théorie et la pratique.
Le festival de l’oud a été créé par le sultan Qaboos ben Saïd Al Saïd qui a demandé à Issam El-Mallah, professeur d’ethnologie musicale à Munich, d’en être le directeur artistique. Les œuvres que ce dernier avait mis au programme déclinaient toutes les possibilités techniques et stylistiques de l’oud en tant qu’instrument soliste virtuose, instrument d’accompagnement du chant ou instrument d’orchestre. Issam El-Mallah s’était attaché à souligner l’importance du tarab, un concept spécifique à la musique orientale. Il n’en existe pas d’équivalent en Occident et les musicologues le décrivent comme une interaction musicale et émotionnelle entre le musicien et son public : les auditeurs commentent le plaisir ou la tristesse qu’ils éprouvent à l’écoute du jeu et l’instrumentiste y répond par des reprises improvisées.
Une autre particularité de la musique arabe est la monophonie, qui s’oppose à la polyphonie occidentale où les lignes mélodiques s’entremêlent, soutenues par l’harmonie. L’une des idées fondamentales du festival de l’oud était de jeter un pont entre la musique de l’Orient et celle de l’Occident. Des œuvres pour oud et orchestre avaient donc été commandées à des compositeurs et ont été exécutées en première mondiale dans le cadre de cette manifestation.
Le coffret, avec son livre de 230 pages en quatre langues, est une véritable mine d’or, un trésor fabuleusement riche. Il propose un très large éventail de musiques orientales et permet d’entamer un dialogue, encore trop négligé, entre des univers différents. Seul le respect et l’intérêt mutuel des cultures favorisent le rapprochement et nourrissent une inspiration réciproque qui ne peut être que propice aux uns et aux autres. C’est le fondement de ce dialogue entre les musiques d’Orient et d’Occident que le « Muscat ûd Festival » a mis en place.
Matthias Schneider







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