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20/09/04

« Beaucoup de jeunes sont nuls en orthographe et en grammaire »

Interview d’un jeune chef d’entreprise, Marduk Buscher, qui propose des formations spécialisées dans les secteurs médias / documentation et informatique.

Marduk Buscher :
« Jamais je n’aurais imaginé avoir la chance de travailler un jour dans le secteur où je suis aujourd’hui. Je crois que c’est une caractéristique de notre époque : il faut en permanence savoir s’adapter. Impossible de dire « C’est ça le métier de mes rêves », impossible aussi de dire qu’on va rester toute sa vie dans le même métier. Il faut garder les yeux ouverts, chercher à savoir quels sont les créneaux porteurs, quels marchés viser. Surtout si l’on est indépendant, qu’on travaille à son compte. Mais même si on est salarié, je crois qu’on a besoin d’un haut degré de flexibilité. »


Vous recrutez beaucoup de jeunes, quelles sont les compétences et les qualifications auxquelles vous êtes le plus attentif ?
Il est par exemple essentiel de savoir communiquer. Dans un entretien ou au téléphone, les candidats doivent être capables de s’exprimer, savoir se mettre à la place du client. Bien entendu, les diplômes, ont aussi leur importance. D’ailleurs, nous les consultons attentivement. Mais dans la plupart des cas, ce n’est pas là critère décisif, mais l’entretien en tête-à-tête. Il ne faut pas non plus négliger l’expérience pratique. Je pense par exemple aux candidats à une formation d’informaticiens qualifiés. Nous avons pris l’habitude de faire faire un petit test pratique, car nous nous sommes rendu compte que très souvent, les jeunes disent qu’ils maîtrisent les ordinateurs sur le bout des doigts, qu’il n’ont aucun problème, mais quand on les installe devant un ordinateur sorti de son carter et qu’on leur demande de changer le disque dur, il n’y a plus personne !

Tout à l’heure, vous parliez des diplômes, y a-t-il des matières pour lesquelles vous regardez les notes de plus près ?
Là aussi, cela dépend de la formation envisagée. Des candidats à la formation dans le secteur des médias et de l’information, j’attends par exemple qu’ils aient une bonne note en allemand, parce qu’ils seront fréquemment appelés à rédiger des petits textes par eux-mêmes. Et dans le fonctionnement journalier, on n’a souvent pas le temps de corriger systématiquement les textes. Pour une spécialisation en informatique, il sera plus important d’avoir de bonnes notes dans les matières scientifiques, ou tout simplement en informatique, une matière enseignée aujourd’hui dans de nombreux établissements.

Avez-vous le sentiment que les qualifications des candidats évoluent au fil de leur activité professionnelle et si oui, dans quelle mesure ?
Bien entendu, je n’ai jamais rencontré le candidat-type. Mais sur une période assez longue, de ma jeunesse à moi jusqu’à aujourd’hui, où je recrute des jeunes, je constate effectivement que les connaissance de base d’un lycéen d’aujourd’hui n’ont rien à voir avec celles d’il y a seulement encore 20 ans. Pour de nombreux jeunes aujourd’hui, l’orthographe et la grammaire, c’est de l’hébreu.

Pensez-vous qu’à 16 ans, on est suffisamment mûr pour se lancer dans la vie active ?
Nous avons eu plusieurs cas de jeunes qui ont commencé chez nous comme stagiaires, qui avaient des capacités étonnantes et qui ont ensuite suivi une formation ici avant de se lancer dans une belle carrière. Mais il n’y a pas de règle. Je pense aux contre-exemples, à ceux qui, à 20 ans, n’ont toujours pas la maturité voulue. J’imagine que cela dépend beaucoup du milieu familial et de la mesure dans laquelle les jeunes ont été sollicités et ainsi poussés en avant.

A quoi êtes-vous attentif dans un entretien de recrutement ?
La présentation est la première chose qu’on voit. Mais quand un jeune de 16 ans postule pour une place de formation, je n’attends pas de lui, en règle générale, qu’il se présente en costume avec une cravate de soie. Quand c’est le cas, j’ai toujours l’impression que quelque chose cloche, qu’il veut masquer quelque chose ou qu’il se laisse trop influencer par ses parents. Et je suis alors particulièrement attentif aux réponses données dans l’entretien. Ensuite, il est important de bien se « vendre », d’être capable de se présenter en faisant des phrases complètes et d’avoir un certain bagage professionnel. L’informaticien qualifié doit avoir au moins une fois démonté un ordinateur ; il est bon qu’il ait participé à quelque jeu en réseau, ou en ait lui-même organisé. C’est pour nous le signe que quelqu’un s’intéresse vraiment à cette branche. Les diplômes n’arrivent alors qu’au second plan. Mais il est bon qu’il ait à peu près partout la moyenne. En règle générale, on ferme un œil sur une erreur de parcours, comme une mauvaise note en langues, mais seulement si dans les matières fortes, donc en informatique et en mathématiques, il a d’excellentes notes. L’expérience montre qu’il s’agit alors de quelqu’un de réellement intéressé et d’a priori capable.

Propos recueillis par Kristina Hauseux, Katharina Rabolt, Cara Bitterwolf et Michael Frank, tous âgés de 16 ans.

Edité le : 01-09-04
Dernière mise à jour le : 20-09-04