Sabine Benicke est née en 1962. Elle travaille depuis 20 ansà la Stadtsparkasse, où elle est responsable de la formation.
Kai Lappan, Felix Brauchle et David Zimmer les ont interrogés.
Vous recevez certainement de nombreuses candidatures de jeunes. En plus des bons diplômes, quelles compétences recherchez-vous ?
M. Kern : Travailler dans le secteur bancaire, c’est un peu comme travailler dans le secteur de la vente. Les apprentis doivent aimer le contact avec la clientèle, être ouverts, aimables et être capables de surmonter leur timidité, d’aborder les gens, que ce soit au téléphone ou en rendez-vous.
Kai : L’âge est-il important?
M. Kern : Non, même si face à un candidat de 25 ans, on peut se poser des questions.
Kai : Préférez-vous former des hommes ou des femmes ?
M. Kern : [rire] Je ne m’intéresse qu’à leurs qualifications !
Kai : Quel est le portrait-type du parfait apprenti ?
M. Kern : Vous ne pensez pas à son apparence physique, j’imagine !
Kai : Bien sûr que non !!!
M. Kern : Le parfait apprenti a de bonne notes, un bon niveau dans les matières principales comme l’allemand (ça coince souvent) et les mathématiques. Quand on a affaire à un client qui souhaite faire un placement, par exemple, il vaut mieux savoir compter.
Bien sûr, nous attendons aussi qu’il soit ouvert, naturel. Prenons Baden-Baden, une ville, disons bourgeoise, les personnes d’un certain âge font attention à l’apparence, la tenue vestimentaire et la coiffure.
Felix : Quels sont les points faibles des candidats ?
Mme Benicke : En ce qui concerne leur niveau scolaire, c’est en maths et en allemand que les candidats ont le plus de lacunes. Nous constatons souvent que les élèves ne maîtrisent pas les calculs élémentaires et qu’ils ont besoin d’un sérieux suivi. Sans leur calculette, ils sont perdus. Le comportement social pose parfois problème, notamment chez les jeunes un peu trop calmes ou introvertis, ils ne vont pas vers les autres ou ne s’intègrent pas dans une équipe.
M. Kern : Leur culture générale est un peu limitée. Quand on travaille dans une banque, on n’est pas là seulement pour vendre des produits financiers. Les clients, les personnes âgées qui vivent seules, aiment s’adresser à un interlocuteur d’un bon niveau.
Felix : Lors des entretiens, à quoi êtes-vous attentifs ?
M. Kern : A la capacité à s’exprimer. Un esprit vif est primordial. Les candidats doivent comprendre les questions.
Mme Benicke : On mesure la motivation réelle et personnelle du candidat pour la formation. Pendant l’entretien, il a la possibilité de poser des questions. Et bien sûr, le genre de questions qu’il pose nous intéresse, comme le fait qu’il se soit ou non déjà intéressé à la profession ou au milieu du travail.
David : Les qualifications ont-elles évolué au fil du temps ? Avez-vous été frappé par certains changements ?
M. Kern : Malheureusement, nous constatons que les qualifications laissent à désirer aujourd’hui. Dans quelle mesure le système scolaire les prépare-t-il ? Le stage en entreprise d’une semaine et les forums des métiers permettent aux élèves de se faire une idée, mais il y a encore des efforts à faire, surtout dans les lycées.
Kai : Si vous aviez à adresser un message aux écoles, à certaines matières ?
Mme Benicke : Aujourd’hui, les jeunes apprennent en groupes de travail ou dans des cours spécifiques à se présenter, à prendre la parole, à présenter un travail, à s’exprimer et à travailler en groupe, ce qui est le cas chez nous. Ils apprennent à travailler en équipe et ça marche. Certaines écoles mettent sur pied des projets sur des thèmes comme celui-ci. Les élèves doivent se débrouiller pour collecter du matériel, aller dans les entreprises et demander si telle personne accepterait de participer à une évaluation ou à une interview. J’attends de l’école qu’elle les prépare davantage à ce genre d’exercice. L’apprenti en profite dès son arrivée, il a plus d’assurance, il ose prendre la parole, présenter un produit et aborder les clients.
Kai : A votre avis, l’école prépare-t-elle à la vie active ?
M. Kern : Oui, hormis les restrictions citées ci-dessus. Disons que les écoles sont sur la bonne voie. Les enseignants seront bien obligés d’évoluer eux aussi, et pas qu’un peu, ne serait-ce qu’à cause de la mondialisation. Il ne suffira plus d’entrer comme apprenti dans une banque et de se reposer ensuite sur ses acquis pendant 20 ou 30 ans. Cette époque est révolue. Ce sera la même chose pour les enseignants : ils devront se former en permanence pour transmettre de nouvelles connaissances, et se faire à l’idée qu’en 30 ou 40 ans de carrière, ils changeront 2 ou 3 fois d’établissement, peut-être même de métier.
Propos recueillis par Kai Lappan, Felix Brauchle et David Zimmer.






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