Heinrich Zille conçoit ses photographies, qu’il réalise à l’époque avec le tout nouvel appareil portable, non pas comme de l’art, mais comme des souvenirs captés. Arpentant les rues et les quartiers périphériques de Berlin, il montre la misère, mais aussi les stratégies de survie : la fierté, la gouaille, l’assurance de ses personnages prolétariens. Son premier ouvrage, « Kinder der Strasse » (« Enfants de la rue »), paraît en 1908. Zille devient alors célèbre et la logique commerciale s’impose : les bals Zille, les bistrots Zille, le « milieu » berlinois de Zille font florès… et versent bientôt dans le cliché. En 1924, Zille est admis à l’Académie des Arts avec l’appui de Max Liebermann. Interrogé sur ses sources d’inspiration, il nommait Hogath. Il aurait pu tout aussi bien mentionner Honoré Daumier ou Gustave Doré, mais lui seul avait cet inimitable coup de crayon berlinois.
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