Jusque-là considéré comme un outil promo au mieux comme du pop art, la vidéo va devenir avec ce premier clip du groupe Public Enemy, un moyen d'expression social pour une culture en émergence : le hip hop.
Déjà connu pour ses prises de positions radicales, Public Enemy va utiliser les images pour renforcer son message jouant sur le mélange des genres. En utilisant la forme d'un journal télévisé (PE-TV) ils vont mettre en scène des parodies de reportages de sans-abris, des interviews de familles touchées par le crack, de fausses pubs et d'un mystérieux gang hip hopophobe séquestrant les membres du groupe. Contenant pas moins de 19 samples, le titre qui commence par un discours de Louis Farrakhan de la Nation of Islam, fait référence au film La nuit des mort-vivants (The night of the living dead), l'argot «base» en anglais voulant dire crack. Le parallèle est fait : les consommateurs de crack ne sont autres que des zombies. Avec ce clip, Public Enemy dénonce aussi le traitement médiatique attaché à la communauté afro-américaine et met les téléspectateurs face à des problématiques sociales et politiques peu débattues à la télévision. Quant au réalisateur Lionel C. Martin, il est celui qui donna sa chance à de jeunes talents tels Hype Williams ou Little X aujourd'hui réalisateurs incontournables de l'histoire du clip. Public Enemy lui préférera pour son deuxième clip «Fight the power» un autre jeune noir très actif qui a lui aussi fait ses preuves : Spike Lee.







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