
Taïwan
Un film d’Ang Lee
Avec Winston Chao, May Chin, Mitchell Lichtenstein, Ah Lei Gua, Long Sihung, Dion Birney

Taïwanais naturalisé américain, Wai-Tung vit aux Etats-Unis avec son petit ami Simon. Pour faire plaisir à ses parents qui ne comprennent pas son célibat, il organise un mariage de convenance, choisissant pour épouse Wei-Wei, une jeune peintre en quête d'une carte verte.
Il est homo, taïwanais et new-yorkais mais pour ses parents il reste hétéro est donc bon à marier ! Du coup Wei Tong se résout à un mariage blanc pour sauver les apparences.
Comédie pétillante, « Garçon d’honneur » est le deuxième film d’Ang Lee et deuxième volet de la trilogie « Father knows best » (« Le père sait mieux »).
Ours d’Or à Berlin en 1993, le film permet au réalisateur taïwanais de se faire un nom aux Etats-Unis. Suivront des succès critiques et publics tels que « Raisons et Sentiments » (ours d’or en 1996, adaptation d’un roman de Jane Austen qui révéle Kate Winslet, et « The Ice Storm » avec Sigourney Weaver et Kevin Kline, chronique noire de la famille américaine qui obtient le prix du scénario à Cannes en 1997.
En 2001, il atteint la consécration avec « Tigre et Dragon », qui obtient 4 Oscars. En 2005 « Le secret de Brokeback Mountain » obtient le lion d’or à Venise et l’année suivante l’oscar du meilleur réalisateur. Troisième lion d’or pour « Lust, Caution » en 2007. L’année dernière, il réalise « Hôtel Woodstock » qui a pour cadre le célèbre festival de Woodstock.
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Article
Que Wai-Tung soit d'origine taïwanaise, comme le cinéaste, installé aux Etats-Unis depuis 1978, fait peser sur lui le poids d'une tradition à laquelle il demeure soumis. Que Wei Wei soit, elle, une Chinoise de Chine populaire complique leur relation. Surtout, l'homosexualité de Wai-Tung, dont l'amant devient le garçon d'honneur, représente un défi supplémentaire. Mais, si l'intelligence et la nature même des personnages les éloignent des stéréotypes, le scénario peine à leur donner leur densité et se contente le plus souvent d'exploiter l'incongruité des situations.
L'arrivée des parents de Wai-Tung relance le film, le temps d'un mariage expédié comme une simple formalité, par un fonctionnaire las. La fête organisée en l'honneur des époux donne lieu à une succession de réjouissances abondamment arrosées et dont l'esprit ne déparerait pas dans une noce de nos campagnes. " Cinq mille ans de répression sexuelle " sont la cause, selon un des invités, de ces plaisanteries rarement très fines et de ces jeux volontiers égrillards auxquels sacrifient des convives dont on découvre que l'impassibilité, réputée légendaire, est moins le signe de leur nature profonde qu'une simple façade.
Le regard ainsi porté sur la communauté chinoise est empreint de beaucoup de chaleur, et la scène de " l'invasion de la chambre nuptiale ", qui offre aux plus endurants, après que les aînés se sont retirés, de tester la résistance des époux, apparaît comme un modèle d'équilibre entre humour, grivoiserie, tendresse et désir.
La suite est beaucoup plus conventionnelle, qui voit Wai-Tung se débattre entre son amant, ses parents et son épouse. Et, si Ang Lee évite le dénouement prévu, c'est au prix d'une conclusion guère moins lénifiante et où les sentiments, les bons et les grands, prennent définitivement le pas sur l'humour et font perdre à Garçon d'honneur un peu de son originalité et beaucoup de sa richesse."
MERIGEAU PASCAL






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