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France-UE 2008

Une présidence à hauts risques, compliquée par le « non » irlandais et la crise en Géorgie.

> Rendez-vous > De jeunes Européens planchent sur l'Europe à l'horizon 2020

France-UE 2008

Une présidence à hauts risques, compliquée par le « non » irlandais et la crise en Géorgie.

France-UE 2008

31/12/08

De jeunes Européens planchent sur l'Europe à l'horizon 2020

Paroles d'Européens à Nantes, les 10 et 11 octobre


Avec la dernière édition de Paroles d’européens, la présidence française de l’Union européenne voulait apporter un souffle nouveau par ces temps de crise. Le 10 et 11 octobre, 500 jeunes réunis à Nantes devaient élaborer 12 projets pour 2020, en suivant quatre grands axes : renforcer les liens entre les citoyens européens, bâtir une Europe innovante et solidaire, construire une Europe du développement durable, positionner l’Europe dans le monde de demain. Et, contrairement à Lille et à Marseille, le pari de l’interactivité a cette fois plus que réussi : lorsque les rapporteurs des groupes de travail ont remis leurs propositions au « comité des sages » représenté par son président Felipe Gonzales et sa vice-présidente Vaira Vike-Freiberga, un certain vent de changement soufflait sur la Loire-Atlantique. Nous avons suivi un de ces groupes depuis sa composition jusqu’à la présentation de son projet final.

« Isabelle comme idée, Jérôme comme janvier, Arnaud comme arbre, Iryna comme image, Elsa comme école… ». Ils sont en tout treize jeunes, issus de l’Union européenne, mais aussi de pays tiers comme l’Ukraine, l’Albanie et le Mexique. En prélude, ils participent tous à ce jeu qui consiste à associer son nom à un nom commun afin de se souvenir de tous les membres du groupe. En franglais moderne, cela s’appelle “teambuilding”… Ce matin, ils peuplent tous l’Hôtel de ville de Nantes et sont chargés de réfléchir au positionnement de l’Europe dans le monde à l’horizon de 2020. « J’aime bien », se réjouit Jean-Marc Ayrault, maître des lieux car député-maire de Nantes. « D’habitude, il n’y a jamais autant de jeunes ici ». Dans le couloir, quelqu’un sifflote même l’Ode à la joie… Quel enthousiasme !
Car l’Europe dans le monde de demain, « c’est hyper important », résume Elsa. « Comme c’est une confédération… enfin une fédération, non, une communauté… ». Voilà déjà une limite : tant qu’on ne sait pas exactement ce qu’est l’Europe, difficile de la positionner à l’extérieur. Et ce n’est que le début, car même dans un groupe de treize jeunes europhiles, la divergence des points de vue est marquante : « Ce qu’il faut éviter, c’est une Europe à deux vitesses », remarque Iryna, Ukrainienne et ancienne étudiante au Collège d’Europe à Natolin (Pologne). Sa compatriote, qui s’appelle aussi Iryna, voit une autre priorité : « L’Europe devrait avant tout se doter dune armée pour renforcer son identité ». « Nous devons absolument créer plus d’institutions supranationales », objecte Arnaud, étudiant en économie et fondateur d’une petite association pro-européenne à Saint-Cloud en région parisienne. « Essayons de dégager des thèmes généraux, le temps presse », avertit Isabelle, l’animatrice du groupe et étudiante en 4è année de Sciences Po. Comme tous les autres, elle souffre du fait qu’en un jour, les jeunes doivent aboutir à un compromis qui peut prendre plusieurs années au sein des institutions européennes.
À17h30, six propositions sont trouvées et approuvées. Iryna, Elsa, Arnaud, Jérome et leurs camarades proposent ,entre autres, la création d’une Maison des cultures européennes dans les principales capitales du monde et la mise en place d’un représentant unique de l’Union auprès des organisations internationales. Demain, ces propositions seront soumises au vote des 500 jeunes rassemblés à Nantes, avant d’être présentées au comité des sages de l’Union européenne.
La séance plénière à la Cité des Congrès commence avec un peu de retard ce matin : la soirée européenne en discothèque a laissé des traces. Jérôme est assis devant, avec plusieurs membres du groupe. Ils sont nerveux. Une de leurs propositions va-t-elle être adoptée par la salle ? On passe au vote par boîtier électronique, procédure trop rapide aux yeux de nombre des participants et observateurs. L’idée d’une création de Maisons des cultures européennes est approuvée par 60% de la salle. « Je suis content de voir que certaines idées entre les jeunes et les moins jeunes se ressemblent », sourit Felipe Gonzales, ancien Premier ministre espagnol et président du comité des sages, lorsqu’on lui présente la proposition. Après avoir pris connaissance de l’intégralité des douze projets, il hoche la tête et ajoute : « Ces projets sont bons, nécessaires. Et, pour parler franchement, si la littérature de la Commission se présentait comme cette littérature de jeunes, nous aurions beaucoup moins de mal à construire l’Europe ». Et sa collègue, l’ancienne présidente de Lettonie et vice-présidente du comité Veira Vike-Freiberga, d'ajouter : « Nous défendrons vos projets au sein de notre comité. Mais c’est aussi à vous de lutter pour ces idées. Maintenant, rentrez chez vous et songez-y dans votre quotidien ».

Alexander Knetig

Edité le : 13-10-08
Dernière mise à jour le : 31-12-08


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