Dans cette étude publiée le 21 octobre 2008, l’OCDE souligne que les inégalités ne cessent de s’accentuer au sein des pays industrialisés. En effet, les meilleurs revenus augmentent, les moins bons stagnent. La croissance des 20 dernières années a davantage bénéficié aux riches qu’aux pauvres. Depuis 2000, on observe en outre que la pauvreté et l’inégalité des revenus ont augmenté beaucoup plus vite en Allemagne que dans le reste des pays de l’OCDE. L’étude révèle aussi que le travail ne constitue plus nécessairement un rempart contre la pauvreté.
En 2005, dans les pays de l’OCDE, les revenus des 10 % les plus riches étaient en moyenne 10 fois supérieurs à ceux des 10 % les plus pauvres. Toujours selon l’étude, les revenus des citoyens les plus fortunés ont considérablement augmenté depuis 1985, tandis que les revenus faibles ou moyens n’ont quasiment pas évolué. Cela dit, comme le rapport le montre dans divers secteurs, les disparités entre pays sont grandes. Ainsi, c’est dans les pays du nord que la répartition des revenus est la plus équitable : les plus riches ont un revenu 6 fois supérieur à celui des plus pauvres. En revanche, c’est au Mexique que les inégalités sont les plus flagrantes, avec un rapport de 26 à 1. En France et en Allemagne, les plus aisés sont 6 fois et respectivement 8 fois plus riches que leurs concitoyens pauvres. En chiffres absolus, les 10 % les plus pauvres des citoyens des pays de l’OCDE ne gagnent en moyenne que 7000 dollars par an.
Alors que le risque de pauvreté à diminué pour les personnes les plus âgées, les enfants et les jeunes adultes sont particulièrement menacés. En effet, leur taux de pauvreté est maintenant supérieur de 25 % à la moyenne de l’ensemble de la population. En 2005, dans les pays de l’OCDE, un enfant sur huit vivait dans la pauvreté. On considère que le seuil de pauvreté est atteint quand le revenu d’une personne est inférieur à la moitié de la valeur moyenne nationale. Le revenu moyen des pays de l’OCDE est aujourd’hui de 19 000 dollars US.
« Si les inégalités se sont aggravées, c’est en majeure partie à cause des changements qui se sont produits sur le marché du travail », Angel Gurría, Secrétaire général de l’OCDE
Le rapport de l’OCDE pointe différents facteurs à l’origine de cette inégalité rampante, dont la mutation démographique. Avec une natalité en baisse et une espérance de vie en hausse, le nombre de personnes vivant seules augmente. Or, à niveau de vie comparable, ce type de foyer a besoin d’un revenu par tête supérieur. Par ailleurs, les familles monoparentales, de plus en plus nombreuses, ont un risque 3 fois supérieur à la moyenne de tomber dans la pauvreté. Mais pour Angel Gurría, la principale source du problème n’est pas là : « Si les inégalités se sont aggravées, c’est en majeure partie à cause des changements qui se sont produits sur le marché du travail ». Toujours selon lui, les demandeurs d’emploi sous-qualifiés ou qui ont une mauvaise formation ont de plus en plus de difficultés à trouver un emploi.
Pour le secrétaire générale de l’OCDE, la solution à cette crise est avant tout politique et les gouvernements doivent s’attaquer au problème. Les politiques de l’emploi et de l’éducation doivent également être revues : « Accroître l’emploi est le meilleur moyen de réduire la pauvreté. » Encore faut-il que les travailleurs perçoivent une rémunération suffisante. Car aujourd’hui, le travail seul n’est plus un rempart contre la pauvreté. Selon l’étude de l’OCDE, plus de la moitié des personnes pauvres vivent dans des foyers où au moins une personne travaille.
Antonia Schäfer








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