Devons-nous identifier le cours de notre vie simplement au temps qui passe ? Cette question, l’auteure à succès Christa Wolf l’a traitée à de multiples reprises, de Christa T à Cassandre en passant par Le ciel partagé et Trame d’enfance. Puis l’idée lui est venue de reprendre un appel que Maxime Gorki avait lancé le 27 septembre 1936 dans le journal les Izvestia aux écrivains du monde entier, les invitant à décrire “un jour du monde”. Ainsi pour chaque 27 septembre, de 1960 à 2000, Christa Wolf propose un témoignage de son existence à ses lecteurs. Sont consignés aussi bien des moments de sa vie privée que des événements touchant à la collectivité ou, plus fort encore, à l’histoire de l’Allemagne. Elle a su mieux que tout autre disséquer le fonctionnement de la RDA et de son régime. Longtemps considérée comme une dissidente qui cachait habilement sous des paraboles et des allusions ses opinions intimes sur sa patrie socialiste, elle a été aussi l’objet d’une campagne de diffamation après la chute du Mur. Mais la dame aura hardiment résisté à toutes les attaques, y compris quand le cancer a voulu la terrasser – elle en a relaté l’expérience dans Le corps même.
De sa ville natale aux différentes cités qui ont marqué son parcours littéraire, de Berlin mais aussi en Californie et en Grèce, ce documentaire nous entraîne sur les lieux aimés de Christa Wolf. Il fait la part belle à la femme, à son mari – écrivain lui aussi – et aux intellectuels marquants qui sont ses amis, de Günter Grass à Volker Braun, ou au couple formé par Alain Lance et Renate Lance-Otterbein, ses traducteurs en français. Ils signent l’édition française de Un jour dans l’année 1960-2000, à paraître cet hiver chez Fayard.
Documentaire: Vendredi 29 juillet 2005 à 22h10
Lire ici un entretrien avec Gabriele Conrad, réalisatrice du documentaire








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