Au cœur de Belleville, le café chéri(e) organise chaque semaine des tournois de slam. Dans une ambiance chaleureuse et enjouée, les poètes déclament leurs strophes, avec verve durant trois minutes au terme desquelles, les jurés, le public notent les prestations. Les applaudissements, les encouragements sont rythmés par les aboiements intempestifs du gardien des lieux, un berger allemand à qui on a vite cloué le museau.
L’endroit aux murs rougeoyant dont la lumière tamisée rassure les participants, se densifie au fil de la soirée mêlant ainsi tous les âges et les milieux sans aucune distinction. Le règlement est simple. Il faut s’inscrire auprès du présentateur de la soirée, nerf de la guerre. Le tirage au sort décide de l’ordre de passage des concurrents, qui doivent se présenter sans artifices, ni déguisements, ni instruments de musique. Le poète est seul avec ses mots face au public.
Rap, verlan, alexandrins, odes surannées, toutes les expressions poétiques sont à l’honneur. Les jeunes hommes endimanchés, cadre dynamique cravaté, jeune fille romantique, rappeur au phrasé cascadant, vieille habituée bredouillant des vers classiques, sont simplement réunis par leur amour du verbe.
Ce moyen d’expression témoignant d’une vraie liberté de ton dénonce, parle du quotidien, ou s’attarde sur les classiques en laissant entrevoir les sensibilités de chacun. C’est un vrai moment de partage, de générosité et d’écoute. Les débutants sont chaleureusement encouragés ; les habitués, stars de la soirée, sont acclamés. Mais tous se mêlent dans un jeu de rimes, s’applaudissant mutuellement avec panache. La compétition n’est qu’une excuse, les notes annoncées ne sont jamais mesquines et les courageux qui se risquent à saisir le micro, même chuchotants, tremblotants, seront écoutés jusqu’au bout, avec intérêt et curiosité. Les pseudonymes font sourire, « Pierre qui roule », « Schtroumpf poète ». Les yeux brillent, les impressions sont échangées entre voisins avec naturel et spontanéité, les rires complices fusent dans une ambiance festive.
L’effervescence est contagieuse. On aurait presque envie d’aller déclamer quelques strophes écrites sur un coin de table. Le nombre de participants, les sourires, la joie et les silences attentifs de l’assistance démontrent que la poésie n’a jamais été aussi vivante et inscrite dans le présent.
Alexandra Morardet
Ces soirées sont organisées par Slam Productions
www.slameur.com
www.ffdsp.com
De 21h30 à 23h30
Au Café Chéri(e)
44, bvd de la Villette 75019 Paris
Tous les derniers dimanches du mois
De 16h30 à 18h30
Au Gobelune
14, rue de Bagnolet 75020 Paris
Tous les derniers jeudis du mois
De 19h00 à 20h00
Au Lieu Unique à Nantes
Quai Ferdinand Favres 44000 Nantes
www.lelieuunique.com/








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