Après quelques courts métrages personnels, il co-réalise plusieurs films d’animation avec Jan Lenica, célèbre animateur polonais,, dont Byl Sobie Raz (1954), Jour d’éducation et Dom (1958).
Après le succès de « Dom », Borowczyk s’installe définitivement à Paris et signe son premier film français Les astronautes en 1959. Chris Marker participe à sa réalisation et on y aperçoit, coiffée d’un magnifique chapeau, Ligia Borowczyk, la femme et désormais actrice fétiche de Borowczyk.Dès la fin des années 50, Borowczyk est reconnu comme un des plus grands animateurs européens. Jan Svankmajer, les frères Quay ou encore Terry Gilliam, s’inspirent de ses films. Grâce à ses innovations techniques basées sur l’animation d’éléments très divers (photos découpées, objets, peintures, dessins), Borowczyk joue avec les matières et mélange les techniques pour créer des films surréalistes imprégnés d’humour noir.
Dans les années 60, Borowczyk réalise deux films considérés comme des chefs-d’œuvre de l’animation, Renaissance (1963) et Les jeux des anges (1964), puis son premier long métrage d’animation, Le théâtre de Monsieur et Madame Kabal (1967).
En 1967, il délaisse l’animation pour la fiction en prises de vue réelles et réalise Gavotte (1967) et Dyptique (1967). Suivent deux longs métrages Goto, l’île d’amour (1968) et Blanche (1971), qui marquent un tournant dans la carrière de Borowczyk. Dans ses deux films, il pose les jalons d’un cinéma où l’évocation sans détours de la sexualité et sa représentation par l’image sont au centre de l’intrigue La nudité féminine encore à l’état embryonnaire dans Blanche s’affiche sans ombrage dans les films qui suivent. Nous sommes au début des années 70 et le cinéma français s’ouvre aux images érotiques. Encouragé par Anatole Dauman, son producteur, Borowczyk, lève le voile avec Contes immoraux, un long métrage composé de quatre épisodes s’articulant respectivement autour d’une pratique sexuelle jugée taboue. Un long cycle commence dans lequel Borowczyk s’attache à démonter les mécanismes du désir dans un univers dépeint comme un monde clos et autarcique avec ses rituels propres et ses objets fétichisés ; un univers où le désir est loi et où l’attrait de la chair autorise tous les dépassements.
Filmographie
•1946
Mois d’août (cm)
•1953
Glowa (cm)
•1954
Photographies vivantes (cm)
L’atelier de Fernand Léger (cm)
•1955
Jesien (Automne) (7 min)
Le modeste photographe (cm)
•1957
Byl Sobie Raz (Il était une fois) (co-réalisé avec Jan Lenica, 11 min)
Nasgrodzone Uczucia (Le sentiment récompensé)(co-réalisé avec Jan Lenica, 10 min)
Strip-Tease (co-réalisé avec Jan Lenica, 1 min)
Dni Oswiaty (Jours d’éducation, co-réalisé avec Jan Lenica, cm)
Sztandar Mlodych (L’étendard des jeunes, co-réalisé avec Jan Lenica, cm)
•1958
Szkola (L’école) (9 min)
Dom (co-réalisé avec Jan Lenica, 14 min)
•1959
Les astronautes (co-réalisé avec Chris Marker, 14 min)Terra incognita (2 min 30)
Le magicien (cm)
La tête (cm)
La foule (cm)
La boîte à musique (cm)
Solitude (cm)
•1962
Le concert (6 min)
•1963
Holy Smoke (57 min)L’encyclopédie de Grand-maman (7 min)
Renaissance (8 min 45)
Les stroboscopes (cm)
Magasins du 19è siècle (cm)
Les bibliothèques (cm)
Les écoles (cm)
La fille sage (cm)
L’écriture (cm)
Gancia (cm)
Le petit poucet (cm)
•1964
Les jeux des anges (11 min 30)
Le musée (cm)
•1965
Le dictionnaire de Joachim (9 min)
•1966
Rosalie (14 min 45)
•1967
Le théâtre de Monsieur et Madame Kabal (80 min)
Gavotte (10 min)
Diptyque (cm)
•1968
Goto, l'île d'amour (89 min)
•1969
Le phonographe (6 min)
•1971
Blanche (92 min)
•1973
Une collection particulière (14 min)
•1974
Contes immoraux (99 min)
•1975
Dzieje Grzechu (Histoire d’un pêché, 128 min)La bête (94 min)
Brief von Paris (documentaire, 45 min)
Escargot de Venus (5 min)
•1976
La marge (95 min)
•1977
L’interno di un convento (Intérieur d’un couvent, 95 min)
•1979
Les héroïnes du mal (115 min)
Zootrope (cm)
Armoire (50 min)
L’amour monstre de tous les temps (10 min)
•1980
Lulu (85 min)Hyper Auto Erotic Art- Hayashi (documentaire, 75 min)
•1981
Le cas étrange de Docteur Jekyll et Miss Osbourne (Docteur Jekyll et les femmes) (95 min)
•1985
Ars amandi (L’art d’aimer, 92 min)
Scherzo infernal (5 min)
•1987
Emmanuelle V (85 min)
•1988
Cérémonie d'amour (100 min)
•1991
L’almanach (épisode n°8 de « Série rose », cm)
•1992
L’expert Halima (épisode de « Série rose, cm)
Un traitement justifié (épisode de « Série rose », cm)
•1993
Lotus d'or (épisode n°11 de « Série rose », cm)
Les films

« Contes immoraux »« Goto, l’île d’amour »
« La bête »
« Une collection particulière »
« Les astronautes »
« Renaissance »
« Rosalie »
« Scherzo infernal »
et « Les jeux des anges »
sont édités en DVD par Arte France Vidéo.
À consulter
Le site de l’exposition « Boro » au musée d’Annecy
« Walerian Borowczyk, simple pornographe ou artiste véritable ? »
Une interview de Walerian Borowczyk (en allemand)
Une critique de « La bête »
À propos de « Regards sur le cinéma d’animation polonais au centre Pompidou »À lire
« L’anatomie du diable » de Walerian Borowczyk, éd. Pierre Belfond, Paris, 1992.
« Moje polskie lata » (Mes années polonaises) de Walerian Borowczyk, éd. Hypnos Media, Paris, 2001.








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