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Actualité DVD

Hors des âges et pourtant élégamment contemporain, le lycée redevient sous l’œil de Christophe Honoré le lieu de la parade mélancolique. Interview exclusive

Actualité DVD

14/01/05

"Mother India" et "La Famille Indienne" (DVD)




Mother India
(Inde, 1957, 172 min.)
De Mehboob Khan avec Nargis, Sunil Dutt
Un double DVD Carlotta




Les deux films "Mother India" et "La Famille Indienne" sont également réunis dans un seul coffret exceptionnel chez Carlotta Films.




  • Le film "Mother India"

Synopsis : Radha se souvient de son passé. Son mariage tout d’abord pour lequel sa mère s’endette auprès de Sukhilala en hypothéquant sa ferme. Radha et son mari travaillent comme des forcenés afin de rembourser leur dette. Ils ont trois enfants qui vivent avec eux pratiquement dans la misère. Un jour le mari de Radha est victime d’un accident et pert ses deux bras…

Critique : Film emblématique du cinéma Bollywood, "Mother India" (1957) fut encensé par la critique et le public dès la fin des années 50, réalisant près de 172 millions d’entrées sur les 380 millions d’habitants que comptait l’Inde à l’époque. Considéré comme un classique du genre aujourd’hui, le film apparut cependant comme esthétiquement novateur du fait du choix de Mehboob Khan de tourner la majorité de scènes en extérieur.
Mais surtout, "Mother India" rencontra aisément son public parce qu’il concentre à la fois un point de vue très réaliste sur les conditions de vie des paysans en Inde et en même temps exploite une trame excessivement mélodramatique.
D’un côté, le destin de Radha et de sa famille entièrement liés à la possession de leur terre, projette à l’écran une dimension politique sans ambiguïtés correspondant à la lutte du pays entier pour survivre, dix ans après son indépendance. Au travers de la figure du personnage de Sukhilala, sorte de vieux démon insupportable, le film condamne systématiquement la figure du bourgeois, le riche qui profite de son savoir pour affamer et exploiter le peuple. Il y a dans "Mother India" des modèles empruntés directement au cinéma soviétique et ce, jusqu’à ces chansons qui sont l’occasion de magnifier dans le film, le paysan au travail sur la terre de tous ses espoirs.
De l’autre, le film est aussi une véritable fresque digne d’ « Autant en emporte le vent », Radha étant une sorte de cousine éloignée de Scarlet O’Hara, luttant sans cesse et confrontée à des malheurs répétés : l’accident du mari qui finalement s’enfuit, les souffrances du travail harassant, la faim, la mort d’un enfant, l’exploitation par Sukhilala, la rébellion de son fils révolté Birju jusqu’à son sort fatal. Pour labourer son champ, Radha porte elle-même le soc à la place des vaches qu’elle a dû vendre et apparaît de fait littéralement crucifiée par le drame qu'elle subit. Le spectateur attentif à son courage prendra pleinement conscience aussi du sort général réservé à la femme en Inde, mariée selon la tradition, sacrifiée perpétuellement sur l’autel du bien-être de son mari et de ses enfants, la dernière roue du carrosse qui subit tous les affres du monde sans jamais se plaindre.
Ce sont enfin la beauté des couleurs, les paysages, les envolées musicales et le superbe visage de l'actrice Nargis qui font de « Mother India », le film Bollywood le plus accompli.

Olivier Bombarda


  • Les bonus de "Mother India"
Documentaire inédit
Bollywood, la Cinéville : un aperçu actuel de l’industrie du film Bollywood à Bombay : acteurs, réalisateurs, musiciens, historiens…
Bande annonce d’époque et de ressortie
Restauration avant/après
Les chansons

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La Famille indienne
De Karan Johar
(Inde, 2001, 3h30)
Avec Amitabh Bachchan, Karina Kapoor, Kajol, Shah Rukh Khan…

Un double DVD Carlotta
Les deux films "Mother India" et "La Famille Indienne" sont également réunis dans un seul coffret exceptionnel chez Carlotta Films.




  • Le Film "La famille Indienne"

Synopsis : Yash, puissant capitaine d’industrie, veille également à la bonne tenue des traditions au sein d’une famille soudée par l’amour. Ce que dit Yash, ses deux fils Rahul et Rohan n’y dérogeraient sous aucun prétexte. Pourtant Rahul, le fils aîné, s’éprend d’une fille pétillante et maladroite, Anjali, issue d’une famille de plus basse condition. La rupture entre les deux hommes est inévitable et très brutale… Des années plus tard, Rohan le cadet, devenu un sémillant jeune homme, va s’employer à réunir cette famille déchirée, avec l’aide de Pooja, la sœur de l’indésirable Anjali.

Critique : Réalisé en 2001 et distribué à une échelle planétaire, sortit en France au printemps dernier, « La Famille indienne » témoigne de l’extrême indulgence dont jouissent actuellement les productions Bollywood. Leur présence dans les salles et sur support DVD est, il faut le reconnaître, suffisamment récente dans l’Hexagone pour justifier un tel élan de sympathie. « La Famille indienne » constitue à ce titre un exemple des plus parlants. Ce que l’on reproche avec véhémence au cinéma hollywoodien, une esthétique MTV et un façonnage proprement industriel, passe encore ici pour une irrésistible coquetterie kitsch.
Ce qui ne lasse pourtant pas d’intriguer dans ce type de film, et particulièrement au cours de cette saga familiale échafaudée autour d’un leitmotiv pour le moins massif (« Face à une épreuve délicate, ferme les yeux et pense à tes parents »), c’est le voisinage toujours probant d’un mécanisme des plus systématiques (embryon d’intrigue au douzième degré – numéros dansés – embryon d’intrigue au douzième degré) durant près de quatre heures et d'un délire qui s’emploie avec inspiration à repousser les limites connues de l’extraversion. Ce jusqu’au-boutisme, qui voit le couple proscrit formé par Anjali et Rahul se porter… jusqu’aux pyramides égyptiennes, où les teintes monochromes des saris produisent de saisissants contrastes avec le sable, s’incarne dans des trouvailles visuelles qui, d’une manière ou d’une autre, finissent par remporter l’adhésion du spectateur.

  • Les Bonus de "La Famille indienne": Les chorégraphies et chansons constituant les séquences incontournables d’une telle production, elles sont évidemment à l’honneur sur le deuxième DVD, qui les répertorient en tant qu’extraits indépendants (exercice familier à l’édition des films Bollywood sur DVD) ainsi qu’en support visuels proches de divertissements de type karaoké, qui inclut donc les paroles en sous-titres. Outre un court documentaire consacré à Ruby Wax, une anglaise au caractère bien trempé, expatriée afin de s’implanter dans l’industrie bollywoodienne et transformée pour l’occasion en intermédiaire de choc sur le tournage de « La Famille indienne », situé notamment en Grande-Bretagne, les autres bonus sont plus conventionnels : un making of et une introduction au film par son réalisateur Karan Johar trahissent une condescendance et un professionnalisme typiques des bonus hollywoodiens, bien loin de la folie iconoclaste du film lui-même.

Julien Welter


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Mother India
(Inde, 1957, 172 min.)
De Mehboob Khan avec Nargis, Sunil Dutt

et
La Famille indienne
De Karan Johar
(Inde, 2001, 3h30)
Avec Amitabh Bachchan, Karina Kapoor, Kajol, Shah Rukh Khan…

Un double DVD Carlotta
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Edité le : 21-12-04
Dernière mise à jour le : 14-01-05