04/04/06
Supervixens
Jeudi 6 avril 2006 à 00h25
Variations érotiques autour d’une station-service. Dans le très kitsch Supervixens, Russ Meyer impose son style : l’exploration du sexe à travers des intrigues rudimentaires mais pimentées de violence et servies par des héroïnes à la poitrine démesurée.
(Etats-Unis, 1975, 105mn)
ARTE F
Réalisateur: Russ Meyer
Auteur: Russ Meyer
Image: Russ Meyer
Musique: Danny Darst, William Loose
Montage: Russ Meyer
Production: RM Films International, September 19
Producteur: Russ Meyer
Avec: Shari Eubank , Charles Napier , Uschi Digard, Charles Pitts , Henry Rowland, Christy Hartburg , Sharon Kelly , John Lazar , Stuart Lancaster , Deborah McGuire , Glenn Dixon , Haji, 'Big Jack' Provan , Ron Sheridan , Garth Pillsbury, John Lawrence , F. Rufus Owens , John Furlong, Paul Fox
Il y a quarante ans, Russ Meyer, entouré d'un aréopage de seins plantureux, devenait le roi du nudie movie. Supervixens est son film somme, subversif et rabelaisien : bigger than life.
Clint travaille dans un garage. Sa petite amie, Super Angel, est très possessive. Une violente dispute éclate entre eux. Clint part soigner ses blessures dans un bar tandis que Super Angel se fait réconforter par l'agent de police Harry Sledge qui, malgré son sexe énorme, est frappé d'impuissance. Super Angel raille à foison le pétard mouillé de l'homme aux gros cigares. Harry prend la mouche et la tue sauvagement. Lorsque Clint abandonne sa bouteille, il apprend qu'il est suspecté du meurtre de Super Angel...
Western peuplé de poupées
Russ Meyer adorait les grosses poitrines. Dans ses films, on retrouve les créatures plantureuses et obnubilées par le sexe qu'il photographiait pour le mensuel Playboy. Cette hypertrophie mammaire caractéristique baigne l'odyssée aride de Clint dans un nuage de volupté décomplexée. On y retrouve aussi la culture germanique, qu'adorait le cinéaste, mais également sa vision d'une humanité toujours capable du pire, de l'autoritarisme au sadisme. Si Supervixens commence comme une comédie familiale pimentée par quelques scènes suggestives, le film tourne très vite au cauchemar avec l'apparition du flic (incarné par l'inoubliable Charles Napier), un personnage d'une sauvagerie incroyable. Que le méchant soit un agent masqué derrière des verres fumés, fumant le cigare et caressant sensuellement sa matraque, en dit assez long quant à l'insoumission tranquille qui guidait Russ Meyer. Car ce qui caractérise avant tout son cinéma, c'est l'utilisation subversive et rabelaisienne du trait : les hommes sont affublés de prothèses molles en guise d'attributs sexuels et les femmes s'affrontent à coups de balconnets démesurés. Situant son film à la croisée des genres, de la comédie au thriller, des cartoons type Tex Avery aux poursuites de voitures, Russ Meyer concentre dans Supervixens toutes ses obsessions bigger than life. Ce film, dans son approche débridée et frénétique du septième art, a donné des ailes à toute une génération de cinéastes du second degré et de l'excès, de John Landis à John Waters.
Edité le : 24-02-06
Dernière mise à jour le : 04-04-06